« Il est impératif de préserver l’habitat des poissons et de les laisser grossir jusqu’à l’âge adulte avant de les pêcher afin de s’assurer d’une pêche plus importante. » C’est l’un des points forts de la table ronde organisée cette semaine à l’hôtel Preskil par l’ONG Eco-Sud. Cette activité s’inscrivait dans le cadre de son projet Lagon Bleu, qui a pour objectif la préservation de l’écosystème marin et côtier de la région de Blue-Bay et de Pointe-d’Esny.
« Quel futur pour notre lagon ? » Tel était le thème de cette table ronde, qui a réuni toutes les parties prenantes et environ 150 habitants de la région de Blue-Bay et de Pointe-d’Esny. Invité par Eco-Sud, Philippe La Hausse de la Louvière de la Mauritius Marine Conservation Society a agi comme le facilitateur lors de cette rencontre.
Le projet Lagon Bleu bénéficie du soutien financier du GEF/Small Grants Program mis en oeuvre par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Manoj Vaghjee du National Steering Committee a expliqué à l’assistance le fonctionnement de ce programme, qui permet à des ONG de concrétiser des projets ayant trait à la protection de l’environnement. 
Une présentation sur le cycle de vie des poissons, préparée par Tara Hooper, a été faite. Celle-ci a travaillé pendant plusieurs années avec Shoals Rodrigues. Ont aussi été évoquées les conclusions de deux études scientifiques sur le lagon de Blue-Bay et de Pointe-d’Esny menées récemment par l’océanographe Vassen Kauppaymuthoo et par Graham Shelbourne et le Dr Nicholas Ray de l’Université de Nottingham Trent. Parmi les constats, l’on note une dégradation des coraux, la prolifération d’algues et un débalancement dans les espèces de poissons du parc marin. 
Deep Rumjeet du ministère de la Pêche et de Rodrigues a fait une présentation sur les aires marines protégées et les parcs marins. M. Dwarka du Fisheries Protection Service a quant à lui parlé de la hotline (800 1011) mise en place par son service pour permettre aux citoyens de dénoncer les pratiques illégales portant atteinte à nos lagons. Il a montré des photos de grandes surfaces de mangroves détruites pour faire place au développement. 
Le sergent Puttoo de la National Coast Guard a pour sa part soutenu que la NCG a toujours collaboré avec le ministère de la Pêche. La parole a ensuite été donnée aux membres de l’assistance pour des questions ou commentaires.
Parmi les préoccupations exprimées figurent la prolifération du corail gingembre qui obstrue les passages empruntés par les bateaux, l’usage intensif de fertilisants dans les plantations avoisinantes de la mer, les eaux usées non traitées déversées dans la mer, les impacts du tourisme sur le parc marin de Blue-Bay et la nécessité pour toutes les parties concernées de pouvoir oeuvrer ensemble à la bonne gestion.