L’alerte aux méduses a été donnée mercredi pour mettre le public en garde et ne sera pas enlevée avant la semaine prochaine, indiquent les garde-côtes. La prudence sera de rigueur, surtout ce week-end, en ce dimanche de « Lerwa Bwar ». Ces animaux invisibles à l’oeil nu peuvent représenter un réel danger, surtout si aucune précaution n’a été prise et leur venin peut être mortel dans certains cas.
Une simple piqûre qui provoque des brûlures douloureuses et entraîne des risques d’asphyxie dans certains cas. Voilà les risques que représentent les méduses dans les lagons de l’île. En fin d’année, des cas isolés de piqûres de méduses ont été enregistrés, avant que dans la nuit du dimanche 3 janvier, plusieurs autres cas ne soient rapportés dans les hôpitaux du Nord. Plus d’une trentaine de cas ont été enregistrés mais rien de grave à signaler, jusqu’à présent, les concernant.
Les garde-côtes de Trou-aux-Biches relatent qu’aucun cas de piqûre n’a été rapporté aux différents postes de la NCG car les victimes sont allées directement à l’hôpital pour se faire soigner. Le sergent Soobnah explique que cette étrange invasion de méduse « vient des vents du Nord qui sont ordinairement très chauds car ils proviennent de l’équateur ». « Ces méduses se sont ainsi rapprochées des eaux de l’île et avec les grosses pluies et la température en hausse, se sont reproduites dans nos eaux », explique, pour sa part, l’océanographe Vassen Kauppaymuthoo. « Avec la diminution du nombre de leurs prédateurs dans les eaux, soit les poissons filtreurs tels que les maquereaux et les sardines, entre autres, les méduses sont de plus en plus présentes dans nos lagons et que ce phénomène risque de se prolonger pendant quelque temps ».
Cette alerte aux méduses ne concerne pas seulement les plages du Nord mais également les autres. La présence des méduses est également courante à Belle-Mare, alors que l’Ouest et le Sud ne sont pas épargnés non plus. « Il est important que les baigneurs redoublent de précautions à cause de la présence des méduses mais également d’autres prédateurs tel que le laf labou », souligne le sergent Soobnah. Malgré les patrouilles régulières des garde-côtes, aidés de la Special Mobile Force, la prudence est de mise, surtout ce week-end.
Les méduses qui ont attaqué des baigneurs la semaine dernière seraient des animaux de petite taille ressemblant à « un sac en plastique transparent avec des tentacules bleus, que les Mauriciens appellent difil ble », explique le Chef inspecteur Bothille de la NCG de Trou-aux-Biches. Les personnes les plus à risque face à une piqûre de méduse sont les asthmatiques, les enfants et les personnes sensibles aux allergies. « La principale recommandation lorsqu’une personne se fait piquer est d’éviter de gratter car cela permet au poison de pénétrer plus facilement dans le corps », indique Vassen Kauppaymuthoo.
Les méduses peuvent également avoir un impact sur l’industrie touristique locale, selon l’océanographe, qui pense que « le problème n’est pas assez pris au sérieux dans le pays ». Pour lui, les hôtels devraient se procurer les soins adéquats pour les piqûres. Les garde-côtes ont, pour avertir le public, fait le tour des hôtels et des Boat Houses de la région pour communiquer sur les précautions à prendre avant d’entrer dans l’eau. Les secouristes sur les plages sont également là pour aider le public en cas de panique dans l’eau. « Il est important de prendre conscience du danger d’une piqûre de méduse », explique l’océanographe.
Jusqu’à présent, aucun cas de mort n’a été enregistré mais il y a eu quelques cas d’asphyxie et difficultés respiratoires, comme pour le Sud-Africain Darrun Davis, 18 ans, qui a été hospitalisé à la Clinique Darné.
L’alerte de méduses quant à elle demeurera en vigueur jusqu’au dimanche 10 janvier, soulignent les garde-côtes.