Les prix des différentes marques de lait dans nos rayons ont accusé une hausse « surprenante » selon certains consommateurs alors même que l’on se trouve en période de crise. En effet, selon les observations de Mosadeq Sahebdin, défenseur de l’intérêt des consommateurs, certaines marques de lait ont connu une hausse de près de 20 % et la barre de Rs 200 le kilo a été franchie. Une marge importante d’augmentation qu’on n’a pas connue depuis plusieurs années, concèdent même certains importateurs qui soutiennent n’avoir aucun contrôle sur cette tendance mondiale. La sécheresse et la forte demande actuelle de la Chine pour le lait néo-zélandais sont les raisons avancées par les importateurs pour justifier cette hausse. Pour Mosadeq Sahebdin, « les consommateurs doivent rompre avec leur fidélité à certaines marques. L’éventail de la gamme de lait disponible permet une nouvelle concurrence qui devrait faire réfléchir les distributeurs ».
« Alors que le coût de la vie prend l’ascenseur, les consommateurs devraient adopter une nouvelle démarche et acheter malin. Pourquoi rester fidèle à une marque de lait alors que l’on peut économiser en achetant le moins cher », est d’avis Mosadeq Sahebdin, qui suit de près les prix des divers produits de consommation. Selon ses observations, nombre de Mauriciens sont fidèles à des marques. « Et, les distributeurs le savent », fait-il voir. Il importe ainsi « de rompre avec cette fidélité. Le lait, c’est le lait ». Il voit dans la panoplie de choix disponible dans nos rayons une concurrence « qui devrait faire réfléchir les distributeurs ».
Après avoir dressé une comparaison des prix du lait dans nos supermarchés, Mosadeq Sahebdin relève une augmentation d’environ 20 % sur certaines marques de lait en poudre. Ainsi, Red Cow est proposé entre Rs 207 et Rs 210 le kilo ; Farmland à Rs 200 le kilo alors que Dolly et Snowy sont à Rs 2 à Rs 3 en dessous du plafond de Rs 200. La marque Kalité (Australie) est demeurée inchangée alors que le lait Nido (can) a augmenté de Re 1.
Selon Mosadeq Sahebdin, si le consommateur achète le lait le moins cher, « il peut économiser jusqu’à Rs 56 sur chaque kilo de lait en poudre, soit une économie de Rs 168 s’il en consomme 3 kilos par mois ». Parmi les plus abordables, note-t-il, le lait Leader (France), Ludo (Nouvelle-Zélande) se vendant respectivement à Rs 151,50 et Rs 147 le kilo. Viennent ensuite Kalité (Australie) Rs 169,95 le kilo ; Dolly (Nouvelle-Zélande) à Rs 170 le kilo ; Peters (Australie) à Rs 172,70 et Green Meadow (France) à Rs 179 le kilo. Toutefois, précise-t-il au sujet de la marque Leader, « le produit contient du filled milk, qui selon la Food Act, est un lait dont la graisse a été remplacée partiellement ou entièrement par de la matière grasse végétale. Il contient néanmoins pas moins de 3 % de graisse animale ».
Notre interlocuteur note également une hausse au niveau des prix du beurre. Ainsi, le beurre Sunny South, qui coûtait Rs 58 il y a quelque trois ans est passé à Rs 62, Rs 65, pour accuser encore une hausse, se vendant à Rs 69 la semaine dernière et arriver à Rs 77.95 cette semaine. La marque Anchor qui était à Rs 65 coûte maintenant Rs 68 ; Elle & Vire dont le prix était à Rs 73 se vend maintenant à Rs 78.90 ; Elle & Vire Léger est passé de Rs 67.95 à Rs 71.20 ; Erica de Rs 66.50 à Rs 68 ; Président de Rs 54.95 à Rs 60 et Plume Rouge de Rs 67.50 à Rs 69.30. Si des promotions sont parfois affichées au niveau des supermarchés, Mosadeq Sahebdin souligne « qu’il ne faut se laisser berner par ces réductions car la masse ne se rend pas aux supermarchés ». Là aussi, il invite les consommateurs à « acheter malin » en achetant les produits les moins coûteux.
Du côté des importateurs, l’on fait voir que cette tendance est mondiale et qu’ils n’y ont de fait aucun contrôle. « C’est l’effet du début de sécheresse en février dernier, cumulé à une forte demande de la Chine pour les produits néo-zéalandais — des problèmes ayant surgi au niveau du lait en Chine —, qui font que les prix soient forts » laisse-t-on entendre. Les importateurs vont jusqu’à reconnaître que « dans les annales, c’est la première fois que les prix grimpent autant et pour une si longue période. En 2008, il y avait une pénurie de lait à Maurice parce que les prix augmentaient à l’échelle mondiale. Depuis, c’est la première fois que nous avons des prix aussi forts. Normalement, il y a un peak sur un mois ou deux et ensuite cela rebaisse mais ce n’est pas le cas en ce moment. Le prix est monté jusqu’à $ 5 000 la tonne contre $ 3 300 la tonne avant. Cela ne fait pas plaisir aux importateurs non plus ».
Face à cette hausse, Mosadeq Sahebdin se demande s’il faut un comité pour contrôler les prix. Le désavantage, selon lui, serait que « le gouvernement devra accorder une subvention et ce sont nous, consommateurs, qui paierons ». Il faudrait ainsi, selon lui, un contrôle des prix dans un délai de temps, « disons, jusqu’à mars prochain, en attendant que cesse la sécheresse. La subvention irait alors dans la caisse de l’importateur ». Deuxième solution préconisée : « Un maximum de mark up comme en 2001 (14 %), ce qui avait permis la transparence des prix parce qu’à l’époque, certains réalisaient des profits exagérés ».