Les prix du lait en poudre importé ne cessent de grimper depuis avril dernier où l’on avait remarqué déjà une majoration de quelque 20 %. Hier, le lait Red Cow est passé de Rs 222 à Rs 227, le lait Farmland de Rs 209 à Rs 214.95 et Anchor de Rs 209.95 à Rs 215, soit une hausse d’une moyenne de Rs 6. Pourtant, fait valoir Suttyhudeo Tengur, président de l’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC), les prix ont chuté en Nouvelle Zélande, l’un des plus gros producteurs de lait dans le monde.
« La Global Dairy Trade Option pour la Nouvelle Zélande affiche une baisse de 3,4 % (lait entier) et 0,8 % (lait écrémé) pour 2014 », affirme Suttyhudeo Tengur. Ce qui le pousse à penser que « quelque chose ne tourne pas rond dans la structure des prix ».
En septembre 2013 déjà, le lait Red Cow passait de Rs 197.60 à Rs 222 et maintenant à Rs 227. Les importateurs invoquaient une hausse à l’échelle internationale sur laquelle ils n’avaient pas de contrôle. Or, selon M. Tengur, la Global Dairy Trade Option pour la Nouvelle Zélande montre une baisse de 0,8 % et de 3,4 % pour le lait écrémé et entier respectivement. « Plusieurs pays européens, qui sont en crise, étant en concurrence avec la Nouvelle Zélande, le plus gros producteur de lait dans le monde, les prix ont été revus à la baisse en ce début de 2014 ». Malheureusement, constate le président de l’APEC, tel n’est pas le cas à Maurice. « Le marché mauricien est en train de gonfler les prix sous les yeux du ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Protection des Consommateurs ».
Pourtant, depuis le 1er janvier, comme le rappelle Mosadeq Sahebdin, autre défenseur des intérêts des consommateurs, l’amendement des Consumer Protection (Maximum Recommended Retail Price) Regulations 2008 a pris effet. Le but est de « permettre aux autorités de garder le prix de ce produit sous surveillance ». M. Sahebdin apporte une précision qui pourrait expliquer les majorations pratiquées par les commerçants même avant d’avoir obtenu l’aval du ministère au niveau des prix. « Bien que les importateurs étaient tenus à soumettre les prix cif du lait en poudre au ministère du Commerce, les délais pour une telle soumission n’étaient pas spécifiés, ce qui permettait à certains de s’autoriser des largesses ».
Parfois encore, ajoute M. Tengur, « le fonctionnaire, au ministère, prend du temps et le commerçant, du moment où il a soumis son prix, n’attend pas pour pratiquer des majorations. Ils prennent sur eux-mêmes pour augmenter le prix. Nous avons l’impression qu’il y a un laxisme total au niveau du ministère ».
Dorénavant toutefois, soutient M. Sahebdin, avec cet amendement, les règlements et les délais seront plus stricts. « Les informations soumises au ministère permettent de s’assurer qu’il n’y ait pas de profits exagérés ». En effet, d’après les nouveaux règlements, les importateurs doivent soumettre leurs prix par rapport au « maximum recommended retail price » dans un délai de dix jours suivant la soumission du “bill of entry” à la douane, avant la mise en vente du produit. De plus, désormais, « le ministère invite les importateurs à faire imprimer sur les sachets de lait le “maximum retail price” » ou alors à faire publier leurs prix dans deux journaux ou les annoncer à la radio et à la télévision dans un délai de cinq jours après l’approbation du prix.