Lalit a réalisé hier son traditionnel tirage au sort pour désigner la communauté de ses candidats. Malgré le fait que le mini-amendement constitutionnel n’oblige plus les candidats à déclarer leur appartenance communale, le mouvement a néanmoins tenu à réaliser cet exercice car le Best Loser System (BLS), disent ses responsables, est toujours bien présent. Toutefois, aucun membre du parti n’acceptera un siège à l’Assemblée comme “Best Loser”. 
L’exercice du tirage au sort est une pratique remontant à 1983, soit à la première participation de Lalit à une élection. Hier, les 28 candidats présents les dans 20 circonscriptions du pays ont perpétué cette tradition en tirant à l’aveugle un petit carré en bois pour désigner la communauté qu’ils mentionneront sur leur “nomination paper”. L’obligation de déclarer son appartenance ethnique étant levée, Lalit a tenu à maintenir cet exercice pour dénoncer la présence du BLS. Lindsey Collen explique : « Beaucoup de personnes croient que le Best Loser System n’existe plus. Ce qui n’est pas le cas. Le mini-amendement constitutionnel donne la possibilité de ne pas mentionner sa communauté, mais le Best Loser System est toujours là. D’où notre démarche pour attirer l’attention à ce sujet. »
Lalit a ajouté un carré de bois vide – représentant la possibilité de ne pas mentionner sa communauté – aux quatre groupes prévus dans la Constitution. Cinq candidats ont tiré cette option. Lalit ne veut pas mettre l’accent sur les noms et les communautés attribués. « Ce n’est pas cela qui est important, mais le fait que nous refusons la catégorisation des gens à travers le BLS. »
Chaque candidat ayant tiré au sort une communauté a signé une lettre à l’intention du commissaire électoral, l’informant qu’ils ne souhaitent pas être considérés comme “best loser”. « Should I ever be nominated as Best Loser despite my wish not to be considered, please consider this as a letter of resignation as Best Loser member of the National Assembly », précise la lettre.
Dans le passé, l’avocat Yousouf Mohamed avait contesté la communauté déclarée par un des candidats de Lalit. Mais Lindsey Collen rappelle : « Le juge Seethulsing avait statué dans son jugement que la cour ne peut se prononcer sur le “way of life” de quelqu’un, car c’est ainsi que la communauté est définie dans la Constitution. » Lalit est d’avis que sa démarche est d’autant plus importante pour les présentes élections que les deux blocs ont une position assez « préoccupante » sur le BLS. « Il y a d’une part l’Alliance Lepep, qui souhaite garder le système tel quel, et d’autre part le PTr/MMM, qui fait un amalgame entre la réforme électorale et la IIe République. Nous sommes d’autant plus inquiets quand nous entendons Bérenger venir confirmer dans les médias que le partage de pouvoirs dans le cadre de la IIe République a été fait sur une base communale. »
Lindsey Collen précise que, de ce point de vue, le mini-amendement n’a rien d’une « victoire ». Le plus important aujourd’hui, ajoute-t-elle, est de rouvrir le débat « afin de trouver de vraies solutions sur la manière de se débarrasser de ce système une fois pour toutes ».