Deux ans après sa dernière exposition, Yves David, artiste peintre spécialisé dans la restitution des paysages le plus souvent locaux, revient avec une trentaine d’huiles à l’Alliance française, à Bell-Village. Le vernissage a eu lieu hier soir et l’exposition restera ouverte jusqu’au 1er décembre.
« Paysages » est le thème choisi par l’artiste pour présenter les tableaux peints depuis ces deux dernières années. Deux semaines avant le vernissage, Yves David était encore sur la route à la recherche « d’un coin de rue de la capitale qui est sous la menace permanente de disparition ». Cette fois-ci, ce sont les maisons en tôle de la rue Madras qu’il a peintes pendant la matinée. « On ne peut pas peindre à la mi-journée, lorsqu’il y a trop de lumière, cela écrase le sujet. Il est mieux de peindre le matin ou dans l’après-midi à partir de 14 heures », affirme-t-il. En deux heures et demie, Yves David a brossé l’essentiel des lieux. « C’est presque fini. Il me faut faire quelques petites retouches pour rehausser les ombres et la lumière… », affirme-t-il, en commentant le tableau des maisons de la rue Madras. Une oeuvre qui serait, dans un proche avenir, un document historique puisque les maisons, selon lui, ont été vendues et seront bientôt démolies.
Artiste autodidacte, Yves David est de ceux qui peignent in situ. « Il n’y en a plus beaucoup », précise-t-il. Il sort tous les lundis matins à la recherche d’un lieu. Il n’a toutefois pas de préférence pour une région particulière. Ce qui le guide : « L’ombre et la lumière. » Cela peut être la capitale, les marines, une petite crique dans le nord, des paysages de villages et de campagnes ou tout simplement une allée, comme celle bordée de Ficus religiosa à La Louisia. Des paysages banals à qui il confère leur singularité. Le défi : restituer l’atmosphère des lieux. Lorsque le peintre arrive sur le lieu choisi, il observe d’abord, se laisse imprégner par l’atmosphère avant de se mettre au travail. « Il faut que la personne qui regarde le tableau reconnaisse les lieux et qu’elle puisse savoir à quelle heure il a été peint car la lumière et les couleurs ne sont pas les mêmes selon les heures », affirme-t-il.
Pourtant, il ne s’agit pas pour Yves David de faire du pur réalisme. Fervent pratiquant du style classique, il allie l’esthétisme à ce réalisme. « Si une colonne électrique me gêne, je peux l’enlever ou je peux bouger un arbre légèrement à droite ou à gauche pour que la composition répond à la règle d’or », explique-t-il. La clé de la réussite de ses travaux : l’application du « nombre d’or ». Ceci donne un équilibre à son art. « Avec la méthode classique, je vois des formes géométriques partout. On travaille sur ces figures géométriques », poursuit-il. Ainsi, fait ressortir l’artiste, l’on peut retrouver une multitude de petits tableaux dans un seul. « Chaque partie peut tenir en elle seule », dit-il.
Yves David accorde une attention particulière à la perspective. « La perspective de couleurs est très importante », affirme-t-il en expliquant : « Il faut que lorsqu’on regarde cette image par exemple (ndlr : Anse-la-Raie), on puisse voyager sur l’eau jusqu’à l’île Ronde et c’est les nuances qui donnent cette perspective. » Dans ses travaux, l’on peut ressentir le mouvement des filaos dans le vent par exemple, ou encore les grosses houles.
Bain-des-Dames, Anse-La-Raie, Îlot Sanchot, un étang des Gorges de la Rivière-Noire,… Yves David emmène le visiteur dans une balade picturale de l’île. Il a l’oeil et la technique. « Je m’efforce de trouver la couleur qui est là. » L’artiste peint sur des fonds préparés au préalable. « La plupart du temps, je fais des fonds rouge ou ocre. » Comme une poésie, la peinture doit émouvoir. Devenir un objet de contemplation que le peintre a exécuté avec son coeur.