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L’envoyé de Pékin auprès de l’UE s’est emporté contre la « discrimination » que subirait Huawei concernant des projets mobiles 5G, avertissant qu’elle pourrait avoir de « lourdes conséquences », dans un entretien lundi au Financial Times.

L’ambassadeur auprès de l’UE, Zhang Ming, a prévenu que toute tentative visant à réduire la participation de la technologie chinoise aux futurs projets européens pour les réseaux mobiles 5G haut débit aurait de « lourdes conséquences » sur la coopération économique et scientifique mondiale.

« Aujourd’hui, on ne ménage aucun effort pour inventer une histoire de sécurité sur Huawei « , a estimé M. Zhang. « Je ne pense pas que cette histoire ait quoi que ce soit à voir avec la sécurité », a-t-il ajouté.

Les critiques de l’ambassadeur surviennent après des déclarations similaires vendredi du ministres chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, qui a qualifié la campagne orchestrée contre Huawei d' »injuste et immorale ».

La cinquième génération des technologies mobiles, ou « 5G », est indispensable à l’essor des voitures autonomes et autres objets connectés.

Selon les spécialistes, le géant chinois des télécoms est incontournable sur ce créneau car jugé plus performant et plus innovant que ses concurrents.

Or, les équipements de Huawei sont soupçonnés de pouvoir permettre au renseignement chinois d’espionner les communications des pays qui utiliseraient ses services.

Huawei est suspecté de poser un problème de sécurité nationale dans nombre de pays, dont les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon, qui lui ont interdit de bâtir un réseau d’internet ultrarapide 5G. De leur côté, plusieurs pays européens ont exprimé des doutes.

Le gouvernement britannique a déjà exprimé sa « vive inquiétude » sur le sujet, alors que l’opérateur historique BT a décidé de couper les ponts avec l’équipementier chinois.

Mercredi dernier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait aussi évoqué des « risques » concernant la place du chinois Huwaei dans le déploiement de la 5G.

Dans un entretien à l’agence de presse Bloomberg vendredi, le commissaire européen chargé du Marché numérique unique, Andrus Ansip, a de son côté mis en garde les 28 de l’UE contre les risques d’un partenariat avec des compagnies chinoises comme Huawei.

Il s’est dit particulièrement inquiet d’une loi sur le renseignement national adoptée en Chine en 2017, qui obligerait les entreprises et les particuliers à aider activement les agences d’espionnages chinoises dans leurs enquêtes.

« Quand c’est écrit dans la loi, nous devons comprendre que ces risques sont plus élevés. Nous ne pouvons plus être naïfs « , a déclaré M. Ansip à Bloomberg.

La semaine dernière, au Forum économique mondial de Davos, le président de Huawei, Liang Hua, a assuré que son entreprise ne représentait « pas une menace pour la société numérique future ».