Le Diabetes Parent Support Group, une ONG de soutien aux diabétiques, a procédé ce matin au lancement d’une clinique mobile pour le dépistage du diabète à travers le pays chez les enfants et les adolescents. Cette initiative, financée par l’Union européenne au coût de Rs 5 millions, vise dans un premier temps 10 000 jeunes Mauriciens. La clinique mobile sera une fois par mois pendant trois jours dans une des dix régions ciblées, en particulier dans les villages, les banlieues et les poches de pauvreté.
Rani Balloo, présidente du Diabetes Parent Support Group (DPSG), a indiqué que 100 patients traités à l’insuline, mais dont le diabète est mal contrôlé, seront choisis dans chaque région visitée. Ces diabétiques seront suivis de près pendant une année. En parallèle 100 enfants et adolescents dans chaque région concernée bénéficieront de tests de dépistage du diabète de type 2. L’unité médicale mobile sera présente jusqu’à l’après-midi pour atteindre un maximum d’écoliers.
Les services suivants seront disponibles dans la clinique itinérante : test d’albumine et de créatine pour prévenir l’insuffisance rénale chez les diabétiques, analyse d’hémoglobine A1C, de triglycérides et de cholestérol, prise de la tension artérielle, examen des pieds et éducation des patients pour qu’ils sachent contrôler leur maladie.
La présidente du DPSG a par ailleurs indiqué que le dépistage chez 1 000 jeunes Mauriciens par l’ONG a révélé que 12 % d’entre eux ont un taux de sucre sanguin supérieur à la normale. L’incidence croissante du diabète de type 2 est aussi associée à l’obésité chez les jeunes Mauriciens, a souligné Rani Balloo. En outre des adultes présentent des taux à risque du diabète de 15,8 à 29,3 mmo/l. « Nous avons constaté sur le terrain un traitement insuffisant du diabète, l’ignorance des patients et l’absence de protocoles médicaux clairs pour gérer l’état de santé de ces malades », a affirmé Mme Balloo.
Le DPSG a aussi noté que le test HbA1C (analyse du taux de sucre qui a lieu tous les trois mois) a un paramètre très fiable et doit être étendu à la population adulte. « Nous ne pouvons pas contrôler le traitement des diabétiques en nous basant sur les résultats du Fast Blood Specimen prélevé tous les trois semaines, voire tous les mois, avant le rendez-vous des diabétiques à l’hôpital. » Dans certains cas, a-t-elle précisé, « les résultats sont même égarés ».
Bien que le test HbA1C soit plus cher, il permet d’éviter les complications du diabète, a affirmé Mme Baloo. Elle parle aussi « d’inertie clinique » dans des services de santé publique. La TVA, a-t-elle poursuivi, devrait être enlevée sur les analyses et réactifs HbA1C pour encourager les diabétiques à se faire dépister dans le secteur privé.
La président du DPSG a par ailleurs souligné que les bâtonnets et bandes de tests sont vendus à un coût trop élevé. L’ONG fournit ce matériel et des analogues d’insuline à prix réduit. Elle a aussi étendu ses services aux femmes enceintes. Le DPSG compte aussi ouvrir un centre d’éducation pour diabétiques. Le projet a déjà été soumis à la Mauritius Qualifications Authority.
Les complications du diabète, a indiqué le DPSG, coûtent cher à l’État. Rs 93 millions sont dépensées chaque année pour les dialyses, Rs 8 millions pour les soins des yeux au laser, Rs 150 millions pour les opérations cardiaques. 400 amputations sont chaque année causées par le diabète.