L’importance du secteur privé dans l’espace démocratique mauricien a été soulignée hier dans un discours du président de la République, Kailash Purryag, lu par le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell, à l’occasion du lancement d’un livre sur l’histoire de la MCCI. Le président de la Chambre de Commerce, Cédric de Spéville a, par la même occasion, insisté sur le fait que l’histoire de la MCCI est inextricablement liée à celle de Maurice.
Le lancement du livre intitulé « 150 ans d’histoire ouverte sur le monde, 1850 et 2000 » a été l’occasion de réunir tous les anciens présidents à l’hôtel Labourdonnais. Ils ont tous été invités par le secrétaire général de la Chambre, Mahmad Cheeroo à prendre une photo de famille pour la postérité. « Cette photo devrait figurer en bonne place dans le livre qui sera écrit pour la célébration du 300e anniversaire de la Chambre », a lancé Mahmad Cheeroo avec une pointe d’humour.
« La chambre a été au diapason du développement économique et social de Maurice. Durant son existence, elle a été une des voix les plus écoutées du monde de l’entreprise locale », a affirmé le président de la République.
« À Maurice, nous nous réjouissons d’avoir un gouvernement libre et indépendant jouant pleinement son rôle de créateur et générateur de richesse dans un processus démocratique. Pour sa part le secteur privé, libre et indépendant, contribue au développement de notre espace démocratique tout en accroissant la diversité et le pluralisme au sein de la société », a affirmé le président. Il a insisté sur le fait que Maurice a la chance d’avoir une multiplicité et un large éventail d’entreprises privées compétitives qui répondent aux besoins de la population. « L’État encourage la participation du privé dans les grandes orientations économiques à travers des consultations multipartites et multilatérales. Lorsque j’étais VPM et ministre des Affaires étrangères, j’avais le plaisir d’avoir les représentants du secteur privé dans les négociations commerciales sur le protocole sucre et dans le cadre de l’OMC », a affirmé Kailash Purryag. « Le secteur privé restera un pilier de notre système démocratique. Il est important d’approfondir ce dialogue de qualité fondé sur les relations de partenaires dans l’intérêt général et un dans un climat de confiance. »
Comme l’a souligné Cédric de Spéville, la Chambre de commerce a été fondée le 22 janvier 1850. Trois jours plus tard, elle se réunit pour la première fois en conseil pour désigner un président et le choix se porta sur Louis Léchelle. « Louis Léchelle a su promouvoir la Chambre. Ce fut un grand leader, un homme de vision et d’action connu pour son pragmatisme et son acharnement à servir la Communauté des affaires et revaloriser le niveau de la vie des citadins. À travers ses nombreuses initiatives, la qualité de ses réflexions et la pertinence de ses propositions sur les grands enjeux successivement liés au devenir de la Colonie puis de l’île Maurice indépendante et Républicaine. »
Un hommage a été rendu à Norbert Benoit, à qui le soin de préparer ce livre avait été confié, par les principaux intervenants hier. Son fils Stéphane Benoit a présenté le livre hier et a donné lecture de l’extrait d’un discours préparé par Norbert Benoit avant son décès en 2010. Il rappelait alors le rôle par Louis Léchelle non seulement pour le lancement de la Chambre de Commerce mais également pour la création de la municipalité de Port-Louis. L’autonomie politique de la municipalité était un des premières actions politiques prémices de la lutte pour l’indépendance du pays. Mahmad Cheeroo a insisté pour sa part sur le rôle joué en vue de la promotion de la coopération régionale en particulier entre Maurice et Madagascar.
Le livre fait découvrir les différentes facettes de la MCCI, cet organisme constamment sollicité par l’Administration comme par les membres de la Communauté des Affaires depuis sa création. Il souligne comment la MCCI a su adapter son rôle aux bouleversements économiques et politiques tout en affermissant son rôle de représentant du secteur privé.