Les démissionnaires du MMM ont coupé définitivement le cordon ombilical avec leur ancien parti en créant un nouveau parti, le Mouvement Patriotique (MP), qui a été lancé officiellement hier lors d’un congrès fondateur à l’auditorium Octave Wiehé. « Nous avons fait le choix de créer un nouveau parti non pas pour intégrer une alliance gouvernementale, mais pour créer une nouvelle force qui s’inscrit dans la durée et qui poursuit son action dans l’opposition », a lancé Alan Ganoo, dernier orateur à prendre la parole hier. Pour lui, l’action du nouveau parti sera basée non pas sur l’idéologie, mais sur les valeurs apprises, entre autres, du MMM. Il a fait comprendre que pour le Mouvement Patriotique, le concept d’unité dans la diversité « ne sera pas qu’une abstraction, mais sera transcrit dans la réalité ». L’ambition du MP est d’unir les régions urbaines et  rurales.
Pour la présentation du nouveau parti, ses fondateurs ont eu recours aux technologies audiovisuelles modernes, à l’instar de celles utilisées pour le rebranding des entreprises privées. Le nom, le symbole, la couleur et la devise du parti ont été dévoilés avant l’intervention d’Alan Ganoo. Ce dernier se présente comme la force inspiratrice du parti, qui n’aura pas de leader, mais qui adoptera une direction collégiale. Le MP a pour symbole la rose et pour couleur des écritures en or sur un fond amande. Reproduit sur du tissu pour la confection des drapeaux et des banderoles, le symbole devient une rose blanche sur un fond mauve foncé. La devise du parti est « La nouvelle force ».
Dans son message, Alan Ganoo s’est appesanti sur les raisons pour lesquelles les démissionnaires ont quitté le MMM. Il a fait comprendre que la nouvelle formation est ouverte aux déçus du parti mauve et du PTr. Il a expliqué que son parti poursuivra son action dans l’opposition, où il est la deuxième force parlementaire après le MMM. « Nous veillerons à ce que le gouvernement tienne ses promesses », a-t-il fait comprendre. Il a reconnu que le gouvernement s’est engagé « dans une opération de nettoyage contre la corruption ». Il a aussi rappelé que l’ancien Premier ministre avait pratiqué « une politique marquée par la manipulation des institutions ». La cascade de scandales qui secouent le pays est, selon lui, « la conséquence de l’ingérence » dans les institutions. « Il ne faut pas que gouvernement actuel fasse la même chose. Il ne faut pas qu’il fasse de la police une Gestapo comme Ramgoolam. Il faut respecter l’État de droit et la démocratie », a insisté Alan Ganoo. Ce dernier s’est élevé contre « le culte de personnalité » à la tête des partis et l’utilisation des structures du parti « par des leaders maximo pour leurs propres intérêts ».
Alan Ganoo a reconnu que le MP a été créé « une semaine trop tard » et ne pourra donc participer aux prochaines municipales. Toutefois, il a annoncé que le nouveau parti publiera une charte avant de souhaiter que les partis participants à ces élections adhèrent à cette charte.
Le congrès était animé par Atma Bumma. Parmi ceux qui sont intervenus, Raffick Sorefan s’est appesanti sur la sécurité dans le pays. Lysie Ribot, elle, a dénoncé les agressions et les abus sexuels, « qui ont pris de l’ampleur », préconisant la réintroduction des animateurs de rue et la réhabilitation des agresseurs. Jean-Claude Barbier, pour sa part, s’est appesanti sur l’intégration sociale. Kavi Ramano a évoqué la constitution du parti, qui fonctionnera sur la base d’une direction collégiale. Il a insisté sur la séparation entre la religion et la politique, et a souhaité une loi-cadre sur le financement des partis. Joe Lesjongard a insisté sur la démocratie.