Le ministre des Affaires étrangères a préconisé hier une libéralisation plus rapide du commerce en Afrique. Arvin Boolell, qui procédait au lancement du rapport de la CNUCED sur le développement économique en Afrique, en marge de la réunion tripartite SADC-COMESA-EAC qui se tient à l’hôtel Méridien, a déploré une certaine lourdeur dans les avancées en vue d’atteindre les objectifs fixés par les leaders africains.
Le rapport de la CNUCED insiste sur l’importance du commerce intra-africain qui a un potentiel considérable pour la création des emplois, pour attirer les investissements et pour donner un nouvel élan à la croissance en Afrique. Il souligne également que les gouvernements africains ont multiplié les efforts depuis l’accession de leurs pays à l’indépendance dans les années 1960 afin d’exploiter le potentiel commercial pour le développement. La question est revenue sur le tapis en janvier de l’année dernière lorsque les leaders africains ont pris l’engagement d’accélérer le processus d’intégration en vue de faire du continent africain une zone de libre échange.
Pour le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, la création d’une zone de libre échanges d’ici 2017 passe par une convergence des différentes entités économiques régionales africaines. Il a déploré toutefois la lourdeur enregistrée en ce qui concerne les avancées en vue d’atteindre cet objectif qui fait l’objet d’un engagement pris au niveau des chefs d’État. « Le problème se pose au niveau de l’harmonisation des offres. L’objectif est de libéraliser 85% des tarifs lines sur une période de cinq ans », a-t-il dit.
Le ministre a reconnu que les pays africains ont différents niveaux de développement. « Nous aurions souhaité voir les grands pays africains, comme l’Afrique du Sud, ouvrir davantage leurs marchés à la région ». M. Boolell a observé que l’EAC dispose d’une union douanière, la SADC et le COMESA dispose, eux, d’un marché de libre échange. Les discussions en vue de créer une zone de libre échange tripartite entre la SADC, le COMESA et l’EAC avancent de manière positive, a constaté le ministre.
« L’essentiel est l’économie d’échelle. Les regards sont tournés vers l’Afrique mais l’environnement nécessaire doit être créé pour attirer l’investissement et permettre l’émergence d’un secteur privé africain solide », a-t-il dit.
Le principal message que transmet le rapport est que le commerce intra-africain représente des opportunités pour soutenir la croissance et le développement en Afrique. Toutefois, la maîtrise de ces opportunités nécessite la présence d’un secteur privé dynamique.