Daniella Bastien a présenté son premier album, Isi Laba, à la Maison Eurêka, Moka, le samedi 26 septembre. Avec ses mots et sa ravanne, elle a rendu un vibrant hommage à la langue kreol et à la femme. Un spectacle atypique qui a surpris et séduit l’auditoire.
Dans la salle, Isi Laba se dévoile par des tableaux et des dessins suspendus au mur. Une vingtaine d’oeuvres réalisées par quelques artistes mauriciens : Emilien Jubeau, Patrice Offman, Emilie Carosin, Gilberte Marimootoo, POV, Rishi Seeruttun, Evan Sohun et Nirveda Alleck. Chacun a choisi d’illustrer un titre du premier album de Daniella Bastien.
Après une introduction du poète Michel Ducasse, qui célèbre en vers la puissance poétique des textes de Daniella Bastien, ankre dan later Moris, cette dernière embarque le public dans un magnifique voyage, où “de-trwa parol lor enn bout papie” finissent par prendre leur envol, au rythme d’une ravanne qui sait les faire vibrer. L’artiste donne une nouvelle vie à un instrument que l’on a tendance à cantonner au séga typique. Elle nous raconte des histoires ancrées dans le quotidien, nous fait voyager dans le temps et l’imaginaire. Isi Laba, ce sont aussi le présent et le passé entremêlés, au-delà du paraître et des histoires à dormir debout.
Isi Laba, c’est également une célébration de la langue kreol. Daniella Bastien invite Marousia Bouvéry et Alain Muneean sur scène, deux influences majeures dans son cheminement artistique. “Se zot kinn fer moi dekouver ki nou kapav fer poezi dan nou lang natal.” Ils interprètent à trois le morceau 400 kanon pou kolon, dans une version où les mots de Daniella et la chanson du groupe Abaim se mêlent pour dire et chanter en strophes et couplets les étapes qui ont mené vers l’indépendance. Assis sur le sol devant la scène, une poignée d’enfants écoute attentivement cette leçon d’histoire. Un instant magique !