Soul T ouvre le bal. Son album solo sort cette semaine, ceux de ses confrères suivront. C’est ainsi que les membres de Negro Pou Lavi ont choisi de marquer les vingt ans de leur groupe et toute l’histoire qui accompagne ce mouvement créé à Tranquebar et qui est passé international. Avec dix-huit titres pour l’album Tony Farla, le chanteur vogue à travers différents rythmes, en restant fidèle à la philosophie d’émancipation de son groupe.
Le mécanisme motorisé déclenché par la télécommande ouvre le lourd portail blanc sur l’univers du rappeur qui, rentrant du travail, gare sa voiture dans la rue. Dans ce coin de Baie du Tombeau, sa berline noire a attendu dans la cour, rafraîchie par l’eau bleue de la piscine. Avant de passer la grande baie vitrée menant au salon décoré avec goût, Tony Farla embrasse son épouse et s’assurant que “negro” a passé une bonne journée. “Negro”, le terme reviendra souvent dans la conversation. Tony Farla en a fait une expression de fraternité dépourvue de tout sens péjoratif, un mot symbole pour Negro Pou Lavi.
En sus de ses quatre chanteurs, le noyau dur de la formation comprend quelque 25 personnes, des “negros” d’origines et de communautés confondues. Au sein du groupe, c’est l’effervescence en ce moment. Dans quelques minutes, Ryan, le manager, sera là pour écouter les dernières modifications apportées à l’album par Richard Hein qui, derrière les consoles du studio Scorpio, s’est occupé du mixage de ce deuxième solo de Soul T.