Abaim a procédé au lancement de son dernier album, Nomm mwa: sega Tipik, par un spectacle au Jardin d’Éveil d’Albion, le 28 octobre. Treize titres pour un ouvrage réalisé selon les règles de la tradition afin de sauvegarder la mémoire.
Une première ravanne, une deuxième, puis une autre. La maravanne, le tintement du triangle chromé. Et la voix d’Esthel. Elle appelle Zoana mo p’tit ser pour une balade dans “karo nimero 7” afin d’y déterrer les pommes de terre oubliées par les laboureurs et les machines après la récolte. Le premier titre de l’album Nomm mwa: sega Tipik monte dans le ciel noir d’Albion dans un élan rythmé et lent, qui donne le temps à la chanson de s’intégrer dans le décor naturel du Jardin d’Éveil de Terre de Paix.
Les danseuses avancent des deux coins de la scène installée sous les arbres. Leurs grandes jupes s’animent pendant que les mains des adolescents s’activent avec de plus en plus de frénésie sur les instruments. Le séga typique se réveille, il résonne avec fierté, porté par un souffle nouveau qui le ragaillardit. Il est jeune, frais; le monde est sien, ce siècle lui appartient. Dans sa forme originelle, cette musique est intemporelle, éternelle. Elle porte en elle les battements du coeur d’une nation dont elle a rythmé la création.