Les débats sur le Land Drainage Authority Bill ont été ajournés hier peu après 23h sur une proposition du Deputy Chief Whip, Ravi Rutnah. Outre l’intervention de ce dernier, il reviendra à Adrien Duval d’intervenir avant que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, ne résume les débats mardi prochain.
Une douzaine de parlementaires ont participé aux débats hier après-midi, notamment Toolsyraj Benydin, Rajesh Bhagwan, Osman Mahomed, Sudesh Rughoobur, Eddy Boissézon, Roubina Jadoo-Jaunbaccus, Alan Ganoo, Raj Dayal, Kavi Ramano, Kalyan Tarolah, Thierry Henry, Raffick Sorefan, Danielle Selvon, Sharvanand Ramkaun, Abbas Salim Mamode. Le nom du ministre de l’Intégration sociale, Alain Wong, figurait sur la liste des derniers orateurs, mais il semblerait qu’il ait décidé de ne pas intervenir.
Les PPS étaient à l’honneur hier dans les rangs de la majorité pour débattre sur ce dossier dans lequel ils sont très engagés dans le cadre de leurs fonctions. Roubina Jadoo-Jaunbaccus, qui a favorablement accueilli le texte de loi, a observé que, malgré le rapport entre Domah et Gibbs sur ce problème, « rien n’a été fait par l’ancien gouvernement ». Elle s’est appesantie sur les travaux en cours à Port-Louis observant que, dans beaucoup de cas, « ils ont été entrepris après consultations avec les habitants des régions concernées ».
Alan Ganoo, lui, a fait comprendre que l’importance d’une autorité responsable des systèmes de drains à travers le pays se faisait sentir depuis longtemps. « Différents gouvernements se sont penchés sur la question et il s’agissait surtout de savoir quelle forme devait prendre l’autorité concernée. » Il a aussi parlé des différents rapports effectués dans le sillage des inondations qui avaient fait des victimes et qui ont déjà identifié les différents “black spots” à travers le pays. Le problème des drains, affirme Alan Ganoo, découle de l’urbanisation rapide et non planifiée, des travaux de mauvaise qualité. Et d’estimer que « des erreurs grossières et catastrophiques ont été commises ». Il s’est longuement appesanti sur un rapport publié en 2003, alors qu’il était ministre des Services publics, et qui avait été rendu public avant de dénoncer l’absence d’un plan d’ensemble. Si les causes des problèmes ont été identifiées, « l’insuffisance des fonds consacrés est évidente ».
Alan Ganoo poursuit : « Si l’intention est bonne, l’autorité risque de ne servir à rien car elle n’a aucun pouvoir pour assurer que les ‘guidelines’ soient  mises en oeuvre. Or, le système de drains et d’évacuation des eaux est un problème d’ordre national. Il suffit qu’il y ait deux jours de pluie pour que Port-Louis soit paralysé. Il est temps de mettre un terme à ce genre de choses. » L’ancien ministre de l’Environnement Raj Dayal s’est pour sa part appesanti sur les mesures prises alors qu’il était ministre.
De son côté, Kavi Ramano a souligné l’importance d’appréhender le problème de drains et d’évacuation des eaux de manière plus large. « Ce problème concerne plusieurs ministères, dont ceux des Terres, de l’Agriculture, de l’Environnement, des Services publics et des Infrastructures publiques. » Il a déploré qu’aucun des ministres de tutelle ne figure sur la liste des orateurs sur le texte de loi concernant les drains. Kavi Ramano a rappelé que la topographie et la géologie doivent être prises en compte dans le cadre d’un plan d’action national concernant les drains. Il a observé que les routes sont construites sans considérer ces problèmes et a cité l’exemple de la route Phoenix-Verdun qui n’est pas étrangère à l’évacuation des eaux. Il a également cité les cas de plusieurs morcellements qui ont été créés sans prendre en compte le problème d’évacuation des eaux. Ce qui explique, dit-il, les inondations. Kavi Ramano a lui aussi dénoncé l’absence de pouvoir de la Land Drainage Authority.
Danielle Selvon, elle, a insisté sur l’importance d’un mécanisme de consultation de manière à ce que les habitants concernés soient partie prenante dans l’exécution des travaux, comme ceux de la création des drains.
Raffick Soreefan a pour sa part favorablement accueilli la création de l’autorité estimant qu’elle sera en mesure de faire la coordination avec toutes les institutions et les organisations concernées.
Salim Abbas Mamode, ancien PPS, a déploré que les autorités locales ne soient pas partie prenante dans l’entretien et la création des drains « alors qu’elles disposent du personnel nécessaire pour le faire ». Il a aussi estimé que le ministère de l’Éducation doit également jouer un rôle dans la mesure où il est important d’éduquer les enfants au plan environnemental. Et d’évoquer des problèmes occasionnés par l’absence ou l’élimination des drains lors des constructions à Port-Louis. Les débats se poursuivront mardi prochain.