Passionné par le jardinage depuis très jeune, Robin Vydelingum s’est lancé, en 2004, à temps partiel, dans l’aménagement paysager, qu’on appelle couramment “landscaping”. Depuis peu, il a décidé de faire de ce secteur son emploi permanent. « Bien souvent, on dispose d’un jardin, mais on n’y va pas. Mon rôle, c’est de créer de l’espace pour qu’on l’utilise au maximum. » Aussi, observe-t-il, « les gens pensent que leur jardinier aurait pu faire ce que propose de faire un paysagiste, sans se rendre compte qu’il y a tout un art derrière ».
L’entreprise de Robin Vydelingum, R&S Lawncare & Landscaping Ltd, a été incorporée en 2012. Mais son histoire d’amour avec les jardins et les plantes remonte à son enfance. « J’habitais la même cour que ma grand-mère. Elle cultivait des plantes dans des boîtes de conserve. Je devais avoir une dizaine d’années et, comme elle, je semais des graines. Puis, petit à petit, c’est devenu une passion. » En grandissant, au moment de devoir choisir une filière d’études après le secondaire, Robin Vydelingum  hésite sur ce qu’il veut entreprendre comme formation. Son père, mathématicien et statisticien, lui conseille de poursuivre ses études en maths en Inde. Mais son fils unique ne parvient pas à s’y adapter, même s’il retourne auprès des siens tous les six mois. Au bout de deux ans et demi, il rentre alors définitivement au pays et commence à travailler. Il s’aventure dans l’hôtellerie et devient Night Auditor et Front Office Controller à La Plantation. Par la suite, il fera partie de l’équipe de gestion du système informatique de plusieurs hôtels. Cette responsabilité l’amène à voyager dans plusieurs pays de l’océan Indien. « Quand j’ai connu ma femme, je me suis dit qu’il était peut-être temps de changer de métier. » Il intègre donc une entreprise familiale, un bureau de change. Après trois ans, il la quitte pour travailler dans le restaurant de son beau-père. « Au restaurant, il n’y a pas d’heure pour finir. » Il se fait donc embaucher comme Finance Manager dans une entreprise de fabrication de compost, mais reçoit sa feuille de route il y a peu de temps, la compagnie ayant changé de propriétaire.
« Outdoor rooms »
Aujourd’hui, cette tournure dans sa carrière, Robin la prend comme une « blessing in disguise ». Il explique : « C’est une opportunité pour moi de me lancer dans ce que j’ai toujours rêvé de faire sans jamais avoir osé franchir cette étape. » Davantage que les compagnies, il préfère se concentrer sur les particuliers comme clients. « Avec les particuliers, j’ai un contact direct avec les propriétaires de maisons et leurs enfants. Je focalise beaucoup sur la famille dans mon travail de paysagiste. Je suis à l’écoute à la fois des besoins des parents et des enfants car chacun doit pouvoir s’y retrouver, avoir un coin à lui. » A Maurice, constate notre interlocuteur, « on attache bien plus d’importance à l’intérieur qu’à l’extérieur ». Il poursuit : « Moi, j’essaie de promouvoir le concept d’outdoor rooms. Par exemple, en aménageant un coin de jet d’eau, une piscine et des chaises, cela attire la famille et les invités à passer du temps à l’extérieur. L’espace peut être recouvert de pergolas, avec des lianes au-dessus, et ensuite avoir des murs en bois. ».
Y a-t-il un marché pour l’aménagement paysager ? Et qu’est-ce qui explique que les Mauriciens recherchent de plus en plus un jardin bien planifié et aménagé ? «  Les Mauriciens ont aujourd’hui plus facilement accès aux hôtels et, quand ils y vont, ils voient de belles choses qu’ils aimeraient voir chez eux. C’est là que les paysagistes entrent en jeu. Avec un budget minime, on peut faire une mini-réplique. Ce n’est pas sorcier. Mon rôle : je viens, je rentre et je change tout. On a aujourd’hui toutes les facilités. On peut transférer des plantes de 6 mètres et les planter dans un jardin; on a du gazon qu’on peut poser facilement. Aujourd’hui, c’est du “plug and play”. » Selon Robin Vydelingum, dépendant de la grandeur du jardin, il faut compter entre 5 jours à un mois pour l’aménagement. « Je viens, je prends connaissance de l’espace, j’écoute le client et sa famille. Puis je reviens quelque temps après avec un croquis. Le client accepte ou pas. S’il accepte, je fais une cotation. » Et d’ajouter : « Le rôle du paysagiste est d’intervenir là où le propriétaire n’a pas réfléchi. Par exemple, souvent, je dis à mes clients : “Tu as mis cela ici, tu aurais plutôt dû le mettre là, on va bouger l’emplacement”. Il y a un endroit pour mettre la poubelle, un autre pour mettre la niche. Il est important de planifier. Si la personne rêve d’avoir une cascade, mais pas dans l’immédiat, on peut réserver de l’espace. »
Pour Robin Vydelingum, le plus important, dans son travail, c’est « quand on voit que le client est heureux ». Et de préciser qu’après avoir laissé ses traces, c’est au client de prendre le relais. « Après avoir travaillé sur un jardin, je fais le suivi une fois par mois pendant trois mois. Mais après, il y a bien sûr un travail de maintenance à faire par le propriétaire. » Pour contacter Robin Vydelingum, composez le 5423-7949 ou envoyez-lui un e-mail (rslawncarelandscaping@gmail.com).