Les ministres Mookhesswur Choonee et Mireille Martin ont inauguré un Sant lektir ek ekritir an kreol mardi à Sainte-Croix. Un projet rendu possible grâce à une initiative conjointe de la Fraternité Nord/Sud–CAPA et du Centre de lecture et d’animation culturelle d’Abercrombie. Cette démarche cadre avec la commémoration de la Journée internationale de la langue maternelle qui a été célébrée le mardi 21 février.
« Nous devons être fiers de notre langue. Nous avons un sens d’appartenance à cette langue », a d’emblée lancé le ministre de la Culture et des Arts en louant l’effort des initiateurs du projet. Selon Mookhesswur Choonee, la langue maternelle est notre première langue et outil de développement de soi. D’ailleurs, observe-t-il, « aucun meeting politique ne peut se tenir dans une autre langue ».
Mookhesswur Choonee a déclaré que tous les Mauriciens sont égaux. « Gouvernman pa blie okenn parti Moris, ni okenn morisien. Zot tou egal », soutient le ministre de la Culture et des Arts. Il encourage fortement l’apprentissage du kreol et espère des répercussions à travers le pays pour le projet. Ce que les autres intervenants de la cérémonie ont également souhaité.
Le ministre de la Culture et des Arts a aussi annoncé que son ministère offrirait des instruments de musique au Sant lektir ek ekritir an kreol pour les personnes qui le fréquentent. La ministre de l’Égalité des Genres affirme de son côté que le gouvernement soutient le projet. Une première volonté a été traduite par le soutien accordé à l’officialisation de la langue. S’ensuivent la formation des professeurs et son introduction à l’école. « Projet la ader kompletman avek se ki gouvernman pe fer », a fait comprendre Mireille Martin, soulignant l’importance de valoriser la langue créole.
Le professeur Arnaud Carpooran de l’Université de Maurice et membre du comité de ce projet affirme que sa réalisation est un symbole du lien qui est créé entre « l’université et la cité ». « C’est un vieux rêve devenu réalité… et le combat n’était pas vain », affirme-t-il. Dans son intervention, le frère Julien Lourdes a souligné que ce projet remonte à une douzaine d’années. À la suite des émeutes de 1999, le bâtiment qui abrite le centre était devenu un lieu de rencontre quasi quotidien pour les toxicomanes et prostituées. C’est un travail de longue haleine qui a permis de le transformer aujourd’hui en un lieu de savoir, où les enfants et les adultes de la localité pourront être initiés à la lecture et l’écriture dans leur langue maternelle, qui est le premier outil acquis pour faire face à la vie.
Aimée Chasle, responsable des Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC), s’est appesantie sur « le respect profond » de la francophonie à la préservation des langues maternelles. Elle observe que bien que la grosse majorité des livres et magazines se trouvant dans les CLAC sont en français, place est également faite pour des publications en kreol, bhojpuri, mandarin ou hindi.
Kalyanee Juggoo (Ptr) et Aurore Perraud (PMSD), les deux PPS de la circonscription Port-Louis Nord / Montagne-Longue, se sont engagées à soutenir le centre. Était aussi présent durant une partie de la cérémonie, le député Lesjongard du MMM. Celui-ci est parti au moment où M. Carpooran s’adressait à l’assistance avant les discours des PPS et ministres. Avec un quart d’heure de retard, Mme Aurore Perraud était, semble-t-il, énervée parce qu’elle croyait que son nom n’apparaissait pas sur la plaque d’inauguration du centre.
La cérémonie a pris fin par le dévoilement de la plaque commémorative après une prestation des enfants des écoles de la localité.