Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree, le président de la Government Hindi Teachers Union (GHTU), Suttyhudeo Tengur, dénonce la décision du ministère d’augmenter de 25 minutes le temps alloué à l’enseignement du bhojpuri à l’école primaire lors des classes de hindi. Actuellement, précise-t-il, le temps alloué au bhojpuri est de quelques minutes.
Selon lui, cette démarche va à l’encontre de ce que la majorité des parents avaient décidé : « L’enseignement de l’hindi est prioritaire et le bhojpuri doit demeurer une langue ancestrale et culturelle. » Il fait ressortir qu’une cinquantaine de parents seulement avaient opté pour le bhojpuri en 2011.
M. Tengur rappelle que les enseignants de langue hindi avaient accepté, dans un esprit de collaboration avec le ministère, d’enseigner le bhojpuri pendant quelques minutes aux élèves, mais « pas au détriment de l’hindi ». Or, ajoute-t-il, cette nouvelle politique du ministère se fera au détriment de l’hindi, « dont les répercussions se verront dans les résultats du CPE ».
Selon lui, enseigner le bhojpuri au détriment de l’hindi va semer la confusion chez les élèves qui prennent part aux examens, tout en rappelant que le bhojpuri n’est pas un « “examinable subject”, alors que l’hindi, lui, l’est ».
Le président de la GHTU précise qu’il n’existe pas de méthode pédagogique pour enseigner le bhojpuri de même qu’il n’y a pas d’enseignants formés pour enseigner cette langue. « Tous les enseignants de l’hindi ne connaissent pas tous le bhojpuri », précise M. Tengur. Il estime que si le ministère veut imposer cette politique, il faudra développer la pédagogie appropriée pour le bhojpuri, former les enseignants dans ce domaine pour que l’enseignement soit fait de manière à ne pas pénaliser les élèves qui optent pour les langues orientales. « Comme on enseigne le kreol morisien à l’école primaire. »