Les Administrateurs de A & A Construction, Georges Chung Ming Kan et Yacoob Ramtoola, soutiennent qu’ils ont eu l’aval de la quasi totalité des quelque 300 “réservataires” des sept projets de construction de villas de cette firme de construction en difficulté financière pour terminer les constructions et payer les créanciers à 50%. Mais 24 des 34 réservataires du projet Larkspur Villa, à Chemin-Vingt-Pieds, Grand-Baie, ne l’entendent pas de cette oreille et refusent de débourser davantage, soit environ 32 % des investissement initiaux.
« Certains parmi nous se sont lourdement endettés. D’autres sont ruinés. Il n’est pas question maintenant de nous faire payer davantage », s’indigne Hemlata Gaya Sher-Gill, une des réservataires du projet de Larkspur Villa. C’est un des sept projets de construction de villas entrepris depuis 2008 par la firme A & A Construction. Toutefois, depuis mai dernier, la Cour suprême a nommé Georges Chung et Yacoob Ramtoola administrateurs de cette firme à cause des difficultés financières qu’elle a rencontrées.
« Notre rôle, selon la loi, consiste à aider à redresser une entreprise en difficulté. Nous sommes nommés par la Cour suprême à titre individuel, même si nous sommes tous les deux des “Senior partners” de la firme BDO », a expliqué au Mauricien Georges Chung Ming Kan.
C’est ainsi, avance notre interlocuteur, que depuis leur nomination, ils ont eu de nombreuses réunions d’explication avec les réservataires des projets de villas de la firme A & A Construction. « La dernière grande réunion a eu lieu mardi dernier au Centre social Marie Reine de la Paix. Les quelque 300 réservataires ainsi que les créanciers de cette firme étaient présents. Dans leur quasi-totalité, ils ont accepté l’option de financer la fin de la construction des villas et payer les créanciers à hauteur de 50 %, afin qu’ils puissent enfin entrer en possession de leur bien », soutient Georges Chung Ming Kan.
Selon les réservataires protestataires, les administrateurs leur réclameraient une somme additionnelle représentant 32 % de leurs investissements initiaux. « Encore qu’on nous promet des appartements non-finis », s’insurge Hasnah Affejee, une autre réservataire.
« La quasi-totalité des personnes concernées ont compris qu’il fallait d’une part financer la fin des travaux et d’autre part payer une partie des dettes de la firme pour devenir propriétaires de leurs villas. Leur donner les appartements clé en main n’aurait pas été à la portée de la bourse de nombre d’entre eux, car ils auraient eu alors à débourser jusqu’à 50 % en plus. Ils ont accepté de finir eux-mêmes leurs appartements, car le plus important c’est de ne pas perdre leur investissement, à travers la liquidation de A & A Construction, où ils risquent de récupérer bien moins de la valeur réelle de leur bien », rétorque Georges Chung Ming Kan.
Mais les contestataires ne l’entendent pas de cette oreille. « Nous allons nous battre, car nos droits ont été lésés ; nous n’allons pas rester les bras croisés », dit Hemlata Gaya Sher-Gill. En effet, les contestataires ont déjà demandé au juge des référés, à travers une demande d’injonction, la permission de pourvoir contester en cour les décisions des administrateurs. L’affaire sera appelée le mois prochain.