Très répandue, l’arthrose — atteinte rhumatismale la plus fréquente — est une maladie articulaire à part entière que l’on a trop souvent associée — à tort — au vieillissement. Certes, avec l’âge, l’arthrose est plus fréquente. Toutefois, cette maladie, se traduisant par une dégénérescence anormale des cartilages, est une affection chronique des articulations. Le point sur cette maladie très douloureuse. Si les articulations vieillissent, une vieille articulation ne signifie pas nécessairement arthrose. On sait aujourd’hui que l’arthrose est une maladie du cartilage, favorisée par le vieillissement des articulations. Cette maladie ne se manifeste pas, normalement, chez les personnes jeunes. Elle apparaît généralement après 45 ans et est très fréquente après 65 ans. Ne représentant en aucun cas une fatalité liée à l’âge, il est possible de la prévenir, et de la traiter quand elle est installée.
En cas d’arthrose, le cartilage s’use progressivement et perd ses qualités d’origine, c’est-à-dire sa souplesse et son élasticité. En fait, l’arthrose est une usure du cartilage due à une utilisation trop longue ou trop intense de l’articulation. L’articulation est la zone de jonction entre deux os : le genou entre le fémur et le tibia, la hanche entre l’os du bassin et le fémur, entre deux vertèbres de la colonne vertébrale, entre les phalanges des doigts… Chaque extrémité osseuse est recouverte de cartilage, un tissu plus mou que l’os. Le cartilage n’est pas vascularisé ; une fois altéré, il ne parvient pas à se réparer seul correctement. Entre les cartilages, il y a un espace articulaire avec du liquide synovial (liquide limpide et épais semblable à du blanc d’oeuf qui, normalement, lubrifie l’articulation) enfermé dans une poche. Au niveau des zones de pression, le cartilage devient fragile, se fend, s’abîme. A terme, il peut être détruit, les os des articulations arthrosiques sont alors en contact direct : ceux-ci s’altèrent à leur tour. Ils se réparent mais imparfaitement : une condensation osseuse irrégulière remplace l’os normal, et une ostéophytose apparaît. Ce sont des excroissances osseuses, par exemple les « becs de perroquet », nommés ainsi par les médecins et visibles parfois sur des radios de vertèbres. Des fragments de cartilage et d’os peuvent être présents dans le liquide synovial. Une synovite, c’est-à-dire une réaction inflammatoire, peut alors survenir et l’articulation devenir gonflée, rouge, chaude, douloureuse. On parle de poussée inflammatoire de l’articulation.
Les causes 
Si cette maladie apparaît souvent avec l’âge, principalement après 65 ans (ce qui ne signifie nullement qu’elle est due au vieillissement), un excès de poids entraîne une surcharge sur les articulations des membres inférieurs, une usure prématurée des cartilages et l’apparition d’une arthrose précoce. Le sport pratiqué à un haut niveau peut aussi être responsable d’arthrose sur les articulations particulièrement sollicitées. Le port de talons hauts (pour l’arthrose du genou) est également un des facteurs de risques de cette maladie. De même, outre des facteurs génétiques qui ont aussi peut-être leur rôle, d’autres facteurs mécaniques peuvent être responsables d’arthrose. En l’occurrence, une mauvaise axation du membre inférieur : un genu valgum (genou en dedans) ou un genu varum (genou en dehors) peut donner une arthrose, parce que l’articulation est mal axée, le poids du corps porte plus sur un côté d’un genou que sur l’autre et les cartilages du tibia s’usent plus vite du côté qui appuie. Le traumatisme d’une articulation en particulier, une fracture articulaire, des entorses à répétition, une luxation, peuvent aussi être responsables de l’apparition d’une arthrose.
Chaque individu est différent et présente donc des facteurs de risques qui peuvent être spécifiques. La reconnaissance de ces facteurs est essentielle afin d’optimiser la prise en charge de l’arthrose. Cette maladie se manifeste essentiellement par la douleur, plus ou moins vive, pas toujours en rapport avec les lésions éventuellement observées sur les radiographies. Cette douleur est dite « mécanique »: elle est déclenchée par les mouvements de l’articulation et elle diminue au repos. Parfois une synovite est associée à la douleur, c’est une poussée inflammatoire de l’articulation, faisant apparaître une douleur mal calmée par le repos et une légère raideur matinale, une rougeur et un gonflement. Au bout de quelques années, l’articulation s’enraidit, elle est plus ou moins déformée, cela se voit particulièrement bien sur les petites articulations des doigts. 
L’arthrose peut toucher de nombreuses articulations. Toutefois, les articulations les plus touchées sont : les petites articulations des doigts, les genoux (la gonarthrose), le pouce (la rhizarthrose du pouce), la hanche (coxarthrose), la colonne vertébrale (le rachis). L’arthrose des articulations des genoux et des hanches peut être handicapante et limiter les déplacements.
Traitement
On peut traiter l’arthrose de multiples façons. Tout dépend de l’endroit où l’on a mal. Le traitement de cette maladie est aussi symptomatique. Généralement, des médicaments contre la douleur (antalgiques) et éventuellement des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être prescrits. Attention de ne pas prendre les anti-inflammatoires longtemps surtout si l’on est âgé. Toutefois, les médicaments ne suffisent pas à eux seuls à traiter l’arthrose. L’arthrose est une maladie douloureuse qui limite les activités habituelles et peut créer un handicap. Par exemple, l’arthrose du genou vous empêche de marcher longtemps ou vous force à prendre l’ascenseur. Des soins de rééducation fonctionnelle, de kinésithérapie sont alors prescrits. Des médecins spécialistes (comme un rhumatologue) peuvent proposés d’autres traitements spécifiques comme dans le cas de l’arthrose du genou : injection intra-articulaire de cortisone s’il existe une forte poussée inflammatoire, ou injection d’acide hyaluronique… Parfois, il est proposé de recourir à la chirurgie, par la mise en place d’une prothèse de hanche si celle-ci est détruite par l’arthrose : l’articulation (tête fémorale et cotyle de l’os du bassin) est remplacée par un dispositif moulé en métal. La prothèse est rarement proposée avant 60 ans.  
Prévention de l’arthrose
La prévention de l’arthrose commence avec un maintien d’un poids santé. En effet, le lien causal entre l’obésité et l’arthrose du genou est bien démontré. Ainsi, en cas de poids excédentaire, il est fortement recommandé de perdre du poids. La pratique d’une activité physique régulière permet de maintenir une bonne santé générale, d’assurer une bonne oxygénation des articulations et de renforcer les muscles. Des muscles solides permettent de protéger les articulations, en particulier le genou, et donc, de limiter le risque d’arthrose et les symptômes. Il est aussi recommandé de prendre soin de ses articulations, notamment en les protégeant dans la pratique d’un sport ou d’un travail qui expose à un risque de blessure. Dans la mesure du possible, il faut éviter de faire des mouvements répétitifs de manière excessive ou de trop solliciter une articulation. De même, en cas de maladie qui peut contribuer à la survenue d’arthrose (comme la goutte ou la polyarthrite rhumatoïde), les personnes concernées devraient s’assurer de contrôler le mieux possible leur état par un suivi médical et un traitement approprié.
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