Le concert unplugged du Grup Latanier au Caudan Arts Centre a été un succès. En presque trois heures, les stars du séga engagé se sont donné à fond sur scène pour communier avec un public venu nombreux les retrouver. Un vrai spectacle était proposé avec un décor de salon, des jeux de lumières et des interprétations pleines d’émotion et d’aplomb.

Comme dans son salon. C’est dans cette posture que le Grup Latanier a fêté ses 40 ans avec son public au Caudan Arts Centre vendredi dernier. Un canapé, des abats jour et des lumières tamisées comme décor. Des habits classiques pour célébrer cet évènement, bérets, chapeaux, chemises, vestes et chaussures en cuir. En background une image, tantôt étoilée, tantôt remplie de ballons . Avec un public qui s’est déplacé en nombre pour faire salle comble, tout était réuni pour un concert pas comme les autres.

Acoustique.

C’est Ram Joganah qui donne le ton avec un morceau qu’il n’avait pas interprété en public depuis très longtemps; Zardinie. Une immersion dans le passé accueillie par le public. Une ribambelle d’instruments pour donner forme à ce morceau. Piano, ravannes, guitares acoustiques, percussions orientales et africaines, harmonica, saxophone et flûte s’entremêlaient pour donner aux morceaux “enn lot kouler.” On avait alors une idée précise à ce qui nous attendait.

Une ovation terrible se faisait entendre alors que Nitish Joganah s’annonçait sur scène avec les premières paroles de Mo Mars Marsé. À son tour, Bruno Mooken se présentait sous une ovation retentissante. D’autant plus qu’il débutait sa partie avec, sans doute, l’un de ses morceaux les plus populaires, Lete ek liver.

Communion.

À peine le morceau terminé, quelques fans commençaient déjà à crier “spektater”, l’autre grand tube qu’interprète Bruno Mooken. Et cela allait durer toute la soirée jusqu’au ce que, finalement, le chanteur les offre ce qu’ils réclamaient. L’ambiance de feu qui régnait déjà prenait encore de l’ampleur dès que Nitish Joganah prononçait les mots Krapo Kriye. Véritable hymne, les paroles du morceau étaient sur toutes les lèvres. Cerise sur le gâteau, l’artiste peintre Harry Mootoosamy, a dessiné les frères Ram et Nitish Joganah en live en s’y prenant à l’envers. Mention doit également être faite à la performance de Rajesh Marday et son groupe qui ont assuré la première partie avec, notamment, des morceaux de Latanier en version musicale.   

Le concert-anniversaire a répondu à toutes les attentes. Les chanteurs n’ont rien perdu de leur verve. Tout une salle qui chante, cette communion témoignait du lien fort qui existe depuis 40 ans entre Latanier et son public. On avait aussi un aperçu de la relève avec Gavin, le fils de Ram Joganah, qui faisait étalage de l’héritage musical qu’il a saisi à pleins bras. Une belle voix, la même écriture que son père et son oncle.

Tour à tour, les chanteurs se faisaient plaisir et, surtout, faisaient plaisir aux fans en remontant le temps avec des ségas qui déclenchaient des émotions indescriptibles. On pouvait déchiffrait la nostalgie dans les regards et la joie de faire partie de ce partage musical. Ton Madev, Montagne Berthlot, Ti Bato, Ton Kalou, Dilo pou arreter 9h et Mo dada entre autres rappelaient le public aux bons souvenirs de la chanson engagée.

Suite à ce concert-anniversaire, une version réduite du Grup Latanier sera en concert le vendredi 23 au Kas Poz.