Dans les classes d’art, autrefois, l’ordre était clair : ne pas trop se salir, peindre dans un sens. Il y a eu les conséquences du manque d’imagination et de la confusion entre la forme et le fond chez certains apprenants. Charlotte d’Hotman propose dans son atelier destiné aux enfants (à partir de 4 ans) et aux adultes de faire un véritable travail sur l’appréciation de l’art. Quand on la regarde intervenir dans un petit groupe d’enfants, on remarque qu’elle ne demande pas à ces derniers d’obéir mais elle met seulement à la disposition de ses élèves ce qu’elle sait. Et c’est dans le cadre d’un échange à la fois lucide et consenti. Charlie enseigne l’expression plastique, parfois le dessin. Son programme détermine des objectifs précis : d’abord l’abandon à la sensibilité, la matière et le dessin, pour que l’enfant puisse avoir confiance sur lui. Chacun choisit sa couleur et peint ce qu’il aime. On apprend à remplir sa feuille, à gérer l’espace, à ne pas peindre à la manière de tel peintre. Lorsqu’il y a un moment de blocage (désobéir, ne pas continuer sont des réflexes naturels), l’enseignante intervient et incite les élèves à voir. Ensuite, intervient la technique. Car Charlie sait par expérience que l’acquisition des bases en dessin, en expression artistique est incontournable pour s’exprimer. Il n’y a pas de créativité sans la maîtrise du trait, dit-on. Mais avant de privilégier la technique Charlie insiste sur la sensibilité, la spontanéité pour libérer la créativité. Un sujet d’expression plastique lors d’un stage doit intégrer les notions de surprise et de plaisir. Il s’agit à la fois de canaliser tout en laissant la part belle à la liberté de créer. L’Atelier Imaaya vise à apprendre à regarder l’art, nous dit sa directrice. Charlie tente aussi d’encourager les interactions. Ainsi les enfants sont amenés à voir les expositions de la galerie et à donner leur impressions. L’enseignement de l’art chez Imaaya est un champ de recherches. Les valeurs de fond sont le dessin et la peinture et apprendre ces bases n’est pas une forme de régression. C’est un moyen donné aux singularités de s’exprimer et d’être mises en forme. Selon Charlie, il y a une diversité de propositions pédagogiques mais ce qui est prioritaire vient de la personnalité de l’enseignant. Les professeurs-peintres insistent sur l’idée qu’il n’y a pas de liberté sans connaissances des valeurs. Dans son atelier de créativité débridée, Charlie déclare qu’il y a un manque d’appréciation de l’art à Maurice. Avec sa pédagogie souple et intuitive, le champ reste complètement ouvert. L’enseignant-artiste ne doit pas ignorer les questions de réflexion sur l’art. A l’Atelier, les élèves ramènent leurs travaux à la maison après le stage. Une exposition des peintures et dessins de ces enfants n’est pas exclue.
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