Risquer sa propre vie avec une grève de la faim pour défendre une cause vitale. Telle est la quête de Jeff Lingaya, écologiste et travailleur social, intrépide dans sa décision de se battre pour cette cause fondamentale qu’est l’environnement. Ahmed, fonctionnaire, ne tarit pas d’éloges sur le courage de ce grand bonhomme de corpulence pourtant chétive : « Faire une grève de la faim ce n’est pas rien, la faire seul c’est encore plus fou. J’en déduis qu’il est fort mentalement ». Et dans les avis recueillis auprès des citoyens mauriciens aux alentours du Jardin de la Compagnie, nul ne conteste la force de caractère de Jeff Lingaya.
Il en est déjà à sa première semaine de grève contre l’octroi de la licence EIA (Environment Impact Assessment) pour l’ouverture d’une centrale à charbon à Pointe-aux-Caves, Albion. Affaibli par le jeûne, alité et désormais sous sérum, Jeff Lingaya mène un combat qui devient de plus en plus rude chaque jour. C’est dans sa volonté, constante et irrévocable de lutter contre cette injustice à la fois environnementale et humanitaire qu’il puise ses forces. Mourir ? Il n’en a jamais eu peur, il est même prêt, « je suis disposé à mourir », affirme-t-il.
Seul certes à faire cette grève, mais très soutenu dans son combat comme on pouvait s’y attendre de la part de nombreuses plates-formes citoyennes à l’instar des Verts Fraternels de Laval Judex, membre actif du groupe. « Dès que j’ai du temps libre je viens lui tenir compagnie, je lui apporte mon soutien ainsi que celui de mon groupe pour lui donner du courage. » Judex qui dit admirer la détermination de cet homme qu’il décrit comme humaniste, espère que le gouvernement prendra la bonne décision au plus vite. « Li pe riske so la vi dan lintere piblik » souligne-t-il. Jane Ragoo, syndicaliste, était elle aussi venue lui apporter un soutien très spirituel à travers ses prières.
Écolo un jour, écolo toujours ! Jeff Lingaya, militant engagé, est prêt à tout pour faire suspendre cette licence de construction du CT Power qui a en ligne de mire les habitants d’Albion et le système écologique tous menacés de mort.
MARC MAURER (21 ANS)