Trois idées clés reviennent dans la bouche des lauréats du Collège Royal de Curepipe : un rêve, le dur labeur et la chance. C’est ce qu’ils ont laissé entendre au « Mauricien » qui les interrogeait au téléphone à la suite de la proclamation des résultats du Higher School Certificate. La nouvelle rectrice de l’établissement Sabina Allybokus, qui succède à Hafeeza Nabheebucus, estime pour sa part que la motivation et l’encadrement de l’enfant, la qualité de l’enseignement et le professionnalisme des enseignements ont aussi un rôle important à jouer dans le succès.
« Il faut d’abord avoir un rêve ! Ensuite tout faire pour le concrétiser », affirme Aavinash Sewraz, un des six lauréats du Collège Royal de Curepipe (RCC). Il estime que tout jeune peut aspirer à devenir lauréat et y parvenir en travaillant dur et en persévérant, indépendamment de la région d’où il est issu. Cet ancien élève du SSS Floréal, détenteur de six unités aux examens de SC attribue aussi son succès à un travail d’équipe rehausser en même temps par un esprit de compétition. « Au cours de ces deux ans, on nous a inculqué les valeurs humaines et académiques. »
Aavinash Sewraz s’intéresse à la fois à l’actualité locale et internationale. « On essayait de voir par exemple comment ce qui se passait sur le plan international pouvait affecter notre quotidien. » Le lauréat souhaite faire une licence en économie en Angleterre et s’orienter vers une formation pour devenir comptable. Ancien élève du St-Joseph, le jeune homme avance avoir été agréablement surpris d’entendre son nom à la radio. « Je m’attendais à être classé et je suis très content », lance-t-il.
Après deux années stressantes – révision, devoir et leçons en plus des cours au collège – et une période d’attente stressante aussi, Aavinash Sewraz affirme « savourer sa victoire » avant de voir son rêve se concrétiser : « Étudier en Angleterre ou en Australie. » Le jeune lauréat souhaite faire des études en Économie et en Finance mais ne sait pas encore dans quelle filière se spécialiser. Il est aussi d’avis que tout le monde peut devenir lauréat. Pour cela, fait-il ressortir à l’intention de ses amis : « Believe in yourself, you can make it with hard work and dedication. »
Aavinash Sewraz observe que « l’ambiance au RCC m’a beaucoup aidé à devenir lauréat. On avait beaucoup de travaux en groupe. Je suis très content pour mes amis aussi, parmi ceux qui avaient choisi la filière économie… On est tous dans les Top 15 ».
Même sentiment chez Keshav Tohooloo, lauréat côté économie. En outre, cet ancien élève du Mahatma Gandhi Solferino (MGS) souligne avoir « une vie spirituelle riche ». C’est ce qui l’a aidé à soutenir la pression durant les deux ans de travail, car pour lui également, l’on ne peut pas attendre la deuxième année pour se mettre au travail. Le travail commence dès l’entrée en Lower Six, dit-il. Il souhaite pour sa part faire des études en actuaire en Angleterre ou Australie.
Comme ses autres camarades, Irfaan Boodhoo est passé par une période d’adaptation en changeant de collège. La culture étant différente au RCC, souligne-t-il. Ancien élève du Phoenix SSS, il affirme : « J’ai eu quelques difficultés à m’adapter au départ car au SSS de Phoenix, il n’y avait pas de compétition. » Par la suite, tout s’est fait naturellement.
Irfaan Boodhoo évacue la pression à travers la musique. « That’s what keeps me alive. » Il en joue aussi de temps en temps « sur l’ordinateur ». Heureux d’être lauréat, certes, il lance un message aux plus jeunes : « Il ne faut pas viser que ce titre. J’ai vu beaucoup de mes amis déçus et je leur dit, ce n’est pas la fin du monde. La vie continue et être lauréat ne veut pas dire avoir une vie plus brillante plus tard. L’opportunité vient sans frapper à la porte et il faut être prêt à l’accueillir. » Le lauréat côté économie souhaite faire des études en Finance en Angleterre pour ensuite devenir comptable ou auditeur.
Uday Mohur, lauréat de la filière science, parle aussi d’étude en Finance. « C’est un changement radical. Il y a beaucoup plus de possibilités dans le secteur financier », estime-t-il. Il est aussi d’avis que pour devenir lauréat, il faut un élément de chance. Le jeune élève en était à sa deuxième tentative. « La première fois, je n’étais même pas classé. Je m’attendais à devenir lauréat. C’est bien pour cela que j’ai fait la troisième année », dit-il. Et d’estimer que les autres même s’ils n’ont pas décroché de titre sont tout aussi méritants. « C’est une compétition dure car les autres sont tout aussi bons. »
Le lauréat de la filière science lance un message aux plus jeunes en leur disant que « ce n’est pas un papier, une matière qui compte mais l’ensemble. Donc, si vous avez l’impression d’avoir mal travaillé dans un papier, il ne faut pas s’y attarder mais penser au prochain ». Malgré le travail assidu requis, il souligne qu’il faut trouver l’équilibre nécessaire entre vie familiale, activités de loisirs et sports.
Son camarade Chittesh Ramgobin, lauréat côté science, parle aussi de la chance. « Même si on travaille dur, il y a un élément de chance pour décrocher le titre », fait ressortir notre interlocuteur, qui affirme avoir passé des nuits blanches à travailler. C’est dans sa maison à Saint-Pierre aux côtés de ses parents qu’il a appris la nouvelle à la radio. Il n’a pas encore arrêté son choix d’études et de carrière. Il pense à la médecine.
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Sabina Allybokus (nouvelle rectrice du RCC) :
« Motivation, encadrement de l’élève,
professionnalisme de l’enseignant »

« Je m’y attendais ! » lance d’emblée la nouvelle rectrice du RCC lorsqu’on lui demande une déclaration après la performance des élèves, avec six d’entre eux ayant décroché le titre de lauréat. Sabina Allybokus concède toutefois : « Même si on a les meilleurs éléments, on est cependant jamais très sûr du nombre de lauréats qu’on aura, compte tenu des bons éléments qu’il y a dans d’autres collèges également. »
Notre interlocutrice observe que cette année la répartition des titres de lauréat a été plus démocratique car certains élèves ont souhaité poursuivre leur HSC dans leurs collèges respectifs. La rectrice du RCC attribue la réussite d’un élève à sa propre motivation, au dur labeur, à l’encadrement dont il bénéficie et « la qualité des professeurs qui est un élément fondamental ». Elle estime que la formation continue des professeurs est primordiale car arrivé à un moment « ils n’ont plus rien à donner à l’élève. Il faut qu’il puisse apporter de la valeur ajoutée à l’enseignement ».
Dans cette optique, Sabina Allybokus observe pour qu’un prof ait la capacité d’enseigner à un groupe homogène, il doit pouvoir s’adapter à la capacité des uns et des autres dans la classe et leur apporter une attention individuelle. Pour elle, « le professionnalisme du professeur, c’est de travailler pour le bien public ».