Cette semaine a été marquée par la publication des résultats des examens du Higher School Certificate, dominés par la proclamation des lauréats. Il convient de féliciter les 45 jeunes qui ont été primés et qui bénéficieront de bourses pour leurs études supérieures ainsi que tous les parents qui les ont accompagnés tout au long de leurs études primaires et secondaires.

Les bourses offertes aux lauréats se présentent aujourd’hui comme des prix ou des trophées offerts aux gagnants d’une course acharnée vers la réussite, qui aura nécessité d’énormes sacrifices, un dur labeur et de longues heures d’études. Elles ne constituent pas, et n’ont jamais été, jusqu’à preuve du contraire, un investissement dans des talents qui seront demain mis au service de l’avancement du pays. Pour la presque totalité des bénéficiaires, c’est l’occasion de s’engager dans une carrière internationale en Europe, aux Etats-Unis ou au Canada. Rien ne les oblige d’ailleurs à choisir une spécialité qui sera utile pour le pays. Il n’existe non plus aucune étude et aucun plan susceptibles de les guider dans une voie dans laquelle ils pourraient s’engager afin d’apporter leurs contributions au développement du pays. Avec pour résultat que ces boursiers finissent par mettre leurs compétences acquises au service des pays où ils ont fait leurs études supérieures. Ce qui fait que des dizaines de Mauriciens mènent aujourd’hui une carrière professionnelle réussie dans des domaines scientifiques dans les pays développés ou dans les plus grandes institutions de recherches scientifiques ou organisations internationales à travers le monde.

Faudrait-il leur en vouloir ? Certainement pas. Il est d’ailleurs inutile de les forcer à revenir immédiatement au pays après leurs études en leur offrant un emploi pour un ou deux ans. Cela n’a pas de sens car ce qu’ils recherchent avant tout, c’est l’acquisition de l’expérience dans la filière choisie et une carrière garantie avec une rémunération à la hauteur de leurs compétences. Ce que Maurice n’a pas jusqu’ici été en mesure de leur offrir.

Comme l’expliquait récemment un ancien lauréat qui fait carrière en Grande-Bretagne, il leur revient de choisir le moment de revenir à Maurice et de s’engager dans des domaines où ils pourront s’épanouir tout en contribuant à l’avancement du pays dans un secteur approprié. Dans un monde globalisé, il est toujours difficile de garder les meilleurs talents dans le pays, à moins de leur donner les mêmes facilités que tous les experts étrangers qui interviennent régulièrement dans tous les domaines d’activité à Maurice. Il est heureux toutefois que beaucoup d’anciens lauréats reviennent au pays en fin de carrière. C’est le cas pour le professeur Serge Rivière, qui consacre aujourd’hui une grande partie de son temps à l’enseignement de l’anglais dans diverses institutions.

Il est intéressant par ailleurs de noter que cette année les lauréats ne se sont pas limités aux institutions secondaires connues traditionnellement pour leurs performances après avoir recruté les meilleurs élèves. Il y a eu également une meilleure répartition sociale. Certains lauréats se présentent comme des “role model” pour leur quartier et leur groupe social. Ce qui est une très bonne chose.

La publication des résultats du HSC a également été un grand moment pour tous ceux qui ont réussi leurs examens de fin d’études. Ils n’ont pas moins de mérite que les lauréats. La grande majorité d’entre eux, en fonction de leurs moyens financiers, poursuivront leurs études supérieures à Maurice et s’engageront dans une carrière professionnelle dans le pays avant de se mettre au service du pays.

Tout devrait être fait pour que l’inadéquation entre la formation professionnelle et la demande sur le marché du travail, qui est un problème récurrent depuis plusieurs années, ne constitue pas un obstacle pour leur avenir. Il revient aux autorités publiques et privées de veiller à ce que ces jeunes bénéficient de la formation professionnelle adéquate avant de s’engager dans une carrière professionnelle. Leur réussite dans la société en dépend.
Ce sont ces jeunes qui seront confrontés à un des principaux problèmes que connaît le pays: le chômage des jeunes. Le dernier sondage d’AfroBarometer, réalisé par StraConsult, indique ainsi que 73% de la population cite le chômage comme étant le principal problème auquel le pays est confronté. Les derniers chiffres cités par Gilbert Gnany dans la 71e édition de MCB Focus indiquent cependant une légère tendance à la baisse du chômage en général. Espérons que le gouvernement prendra à bras-le-corps ce problème et ne se contentera pas de slogans électoraux.

Cette semaine sera marquée par la fête Maha Shivaratree et la fête du Printemps. Souhaitons bonne fête à tous les Mauriciens de foi hindoue et aux sino-mauriciens, et souhaitons bon début de carême aux Mauriciens de foi chrétienne.