2°C de plus avant la fin du siècle et c’est l’avenir de la planète qui sera perturbé. Pour éviter ce réchauffement, la COP 21 aspire à créer une “Alliance de Paris”, avec la participation de la centaine de chefs d’État attendus en France pour cette rencontre de la dernière chance.
Sollicité par Scope, Laurent Garnier, ambassadeur de France à Maurice, nous a fait parvenir ce communiqué qui rappelle les objectifs de la rencontre.
“La planète a rendez-vous à Paris du 30 novembre au 11 décembre, pour la 21e Conférence-cadre des Nations-Unies sur le Changement Climatique, la COP 21. Cet événement très attendu car empreint d’espérance pour les générations futures, regroupera plus de 100 chefs d’État le 1er jour de la conférence, puis les représentants de 196 pays venus négocier un accord durable et ambitieux. Cet événement sera également un moment de solidarité face au terrorisme après les tragiques attentats de Paris et de Saint-Denis.
L’objectif partagé est d’éviter que la planète ne se réchauffe de plus de 2°C à la fin du siècle, en créant une “Alliance de Paris” répondant au défi du dérèglement climatique. Au-delà de 2°C, la communauté scientifique est unanime pour dire que l’ampleur des déséquilibres affecterait une grande partie de la population mondiale.
L’Alliance de Paris vise à travailler simultanément sur 4 volets :
Le premier volet est la conclusion d’un accord universel ambitieux, juridiquement contraignant mais néanmoins sensible aux spécificités nationales, qui fera l’objet d’un mécanisme de suivi. C’est l’enjeu immédiat de la COP 21.
Le deuxième volet concerne le financement vert, c’est-à-dire la mobilisation de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, de sources publique et privée, afin de soutenir les pays en développement. En cumulant les financements verts Nord-Sud ainsi que les promesses de subventions supplémentaires, nous sommes en bonne voie pour atteindre l’objectif fixé. La France entend se montrer exemplaire et le Président Hollande s’est ainsi engagé à faire passer de 3 à 5 milliards d’euros les financements verts français d’ici 2020.
Le troisième volet correspond aux contributions nationales – les INDC en anglais – que tous les États participants se sont engagés à fournir : il s’agit des objectifs que se fixent les États pour réduire leurs émissions de CO2. À ce jour, un effort considérable a déjà été effectué puisque 167 pays ont transmis leur INDC, ce qui correspond à 91% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le cumul de ces INDC permettrait de limiter le réchauffement climatique à 2,7°C contre 4 à 5°C en tendance. C’est donc un signal positif mais encore insuffisant.
Enfin, le quatrième volet est l’Agenda des Solutions, mettant en avant les initiatives et solutions proposées par l’ensemble des acteurs de la société civile, notamment les entreprises et les collectivités locales, dont l’implication est déterminante pour garantir le succès de la COP 21. Les initiatives foisonnent : la plateforme internet NAZCA répertorie et encourage ces acteurs à promouvoir et partager leurs bonnes pratiques. Il faudra valoriser ces opportunités de développement économique et participer à leur renforcement.
Le changement climatique est une réalité tangible, notamment dans les États insulaires plus vulnérables, bien qu’ils contribuent peu aux émissions globales de CO2 (0.015% pour Maurice). La lutte contre le changement climatique est aussi une chance pour se développer durablement et créer de nouvelles opportunités de croissance. C’est un défi à relever maintenant et solidairement.”