La dernière édition des “Crime, Justice and Security Statistics” 2013, publiée par Statistics Mauritius, révèlent que huit Mauriciens sur dix expriment des craintes par rapport à l’évolution du taux de criminalité dans le pays. En contrepartie, une personne sur trois seulement estimes qu’il y a eu une baisse dans cet indicateur majeur au chapitre du Law and Order. Néanmoins, l’aspect le plus inquiétant de cet état des lieux demeure la progression fulgurante du nombre de délits sexuels enregistrés formellement, soit près de 29% de plus que l’année précédente, et ce tout en tenant compte du fait que nombre de victimes restent réticentes à dénoncer les prédateurs sexuels. Ce qui contraste avec la hausse des cas d’agression physique, qui n’a été que nominale de 2012 à 2013,  ou encore des infractions des biens (5%). La lutte contre la prolifération de la drogue semble pour sa part s’essouffler, avec des saisies de drogues d’une valeur marchande de Rs 273 millions en une année, avec une baisse de 23% en ce qui concerne l’héroïne.
Ce document passe également en revue la performance de la force policière. Ainsi, 46% des Mauriciens notent des améliorations dans le niveau et la qualité du service tandis que 43% d’entre eux privilégient le statu quo et 11% expriment une opinion foncièrement négative.
Un des chapitres clés de l’analyse de Statistics Mauritius sur la sécurité publique s’articule sur la perception de la population par rapport au taux de criminalité, indépendamment des dernières données fournies par les autorités compétentes. Ainsi, se basant sur les conclusions du Continuous Multipurpose Household Survey, 78% des Mauriciens soutiennent que le taux de criminalité a connu une détérioration dans le pays au cours des 12 mois. Seulement un Mauricien sur dix (10%) est d’avis qu’une amélioration s’est opérée dans le domaine de la sécurité, 12% ne constatant aucun changement, que ce soit positif ou négatif. Cette tendance est sensiblement la même pour les régions urbaines que rurales.
Plus loin, Statistics Mauritius note : « The proportion of heads of households, who thought that their neighbourhood had become safer, increased by 9 percentage points from 19% in 2010 to 28%  in 2013. Similarly, t’ose, who felt that the crime level in the country in general has gone down, increased by 2 percentage points from 7% in 2010 to 9% 2013. » Néanmoins, au-delà des interprétations sur la perception populaire de la criminalité, le fait notoire demeure la hausse du nombre de délits sexuels, qui passent de 455 en 2012 à 588 l’année dernière, soit une hausse de… 29%. L’explication majeure se trouve dans le nombre de cas rapportés sous la Child Protection Act, soit avec des mineures au nombre des victimes. Des spécialistes avancent par ailleurs que les 588 cas de l’année dernière ne constituent qu’une partie du problème, vu la réticence des jeunes victimes à sortir de l’anonymat. « The high increase in sexual offences was driven by increases of 63% among sexual offences under the Child Protection Act (CPA)1, 32% in, sexual intercourse with minor under 16 and 10% in rape », fait ressortir le document officiel, rendu public ce matin. Ainsi, le Rate of Sexuel Offences a connu une détérioration de 36 pour 100 000 habitants à 47 d’une année à l’autre. La Female Victilisation Rate s’est également empirée, passant de 59 à 76 pour 100 000 femmes.
Sur les 535 victimes recensées, 59%, soit une moyenne de deux sur trois, étaient âgées de moins de 16 ans et étaient également étudiantes. Plus d’un cas de relations sexuelles avec mineure sur deux était commis à la maison avec une victime sur quatre entretenant des relations familiales avec son bourreau sexuel.
Par contre, le nombre d’agressions physiques n’a augmenté que d’un point de 2012 à 2013, soit 12 761, ce qui correspond à une moyenne de 35 par jour, 98% des cas ne constituant que de « simples assaults » sans gravité. Un cas d’agression sur deux est commis sous le toit familial et un sur trois dans des lieux publics, comme sur la route, les plages publiques, les centres commerciaux, les hôtels ou campements… Force est de constater que, de plus en plus, l’enceinte des institutions scolaires s’installe comme un des lieux où des actes de violence sont commis. Le rapport de Statitics Mauritius avance : « The remaining 17% in educational institutions and other places such as workplace, hospital, airport and concert, etc. »
Le nombre de “property offences’ a augmenté l’année dernière, soit 15 094, ce qui équivaut à une moyenne de 41 cas par jour, comparativement à 2012, soit une progression de 22% dans des cas classés dans la catégorie de “Fraud and Dishonesty” et de 7% pour les cambriolages. « The high increase in fraud & dishonesty was mainly explained by rises in ‘demanding money or property by threat of false accusation’ (+55%), ‘swindling’ (+53%), ‘swearing false affidavit’ (30%) and ‘issuing cheques without provision’ (+15%). The rise in theft was due to an ascent in burglary (+15%), automobile theft (+10%) and other thefts (+6%) », souligne encore Statistics Mauritius.
Le fait à signaler au chapitre des cambriolages est le ciblage accru des régions aisées comparativement aux agglomérations défavorisées. « The percentage of household burglaries and attempted burglaries reported at the CMPHS that occurred in the least advantaged regions of the Republic of Mauritius decreased from 40% in 2010 to 30% in 2013 whereas increased from 13% in 2010 to 17% in 2013 were noted in the most advantaged regions. »
Sur le chapitre “Drugs offences on a declining trend”, des saisies de drogues d’une valeur marchande de Rs 273 millions sont mentionnées alors que, concernant l’héroïne, on note une baisse de 23%. « It is also noted that quantity of drugs seized in terms of pills/tablets for buprenorphine dropped by 39% while that of sedatives /tranquilizers increased by 37% », confirme Statistics Mauritius, qui rappelle que 41 cas d’importations ont été enregistrés l’an dernier, contre 19 en 2012, et que le nombre de cas d’importation d’héroïne et de gandia a doublé, soit de 8 à 15 et de 6 à 12 respectivement. Le nombre de plants de gandia déracinés, soit 55 000, est quant à lui inférieur à 2012 (67 000).

La perception du rôle de la force policière dans le maintien du Law and Order et de la sécurité dans le pays est également passée à la loupe dans le rapport. « Out of every 100 respondent who were interviewed, 46 thought that the performance of the Police Force has improved against 11 who thought that the performance has worsened. The remaining 43 were of opinion that the performance of the Police force has remained the same. Slighly more than half (51%) of the respondents informed that there were improvement in the visibility and accessibility of the police », lit-on à la page 3 du rapport officiel. D’autre part, 46% des personnes interrogées confirment que la brutalité policière constitue un véritable problème, contre 41% en 2009, ceux pensant que ce n’est nullement un problème étanten baisse de sept points, passant de 30% en 2009 à 23% en 2013.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître avec l’introduction des Speed Cameras sur les routes, le nombre de contraventions sous la Road Traffic Act a connu une baisse d’un point. Le nombre de contraventions dressées l’année dernière est de 211 546, soit 580 par jour ou encore 24 par heure. Les procès-verbaux pour le délit de non-port de la ceinture de sécurité ont diminué de 34%, alors que ceux pour la non-soumission de permis de conduire de 6%. En revanche, les radars ont fonctionné à plein rendement avec une croissance de 18% pour les délits d’excès de vitesse…