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Environ 12 000 policiers, soit l’ensemble de la force policière, seront mobilisés dans les prochaines semaines en vue des élections générales. Selon des sources aux Police Headquarters, « aucun congé ne sera accordé durant cette période, sauf les congés maladies ». Le commissaire de police, Mario Nobin, aura une réunion dans les prochaines heures avec ses adjoints et les Divisional Commanders des cinq divisions de l’île pour mettre en place la stratégie afin que les élections se déroulent dans les meilleures conditions.

« Nous avons déjà établi un plan de travail depuis longtemps et nous n’avons qu’à l’appliquer », explique un haut gradé aux Casernes centrales. L’une des priorités absolue de la police consistera à assurer la sécurité concernant le transport des bulletins jusqu’au bureau de la commission électorale, puis vers les centres de vote. Ensuite, elle aura à veiller au grain après leur fermeture jusqu’au comptage des voix. « C’est la Special Mobile Force qui sera la principale unité responsable pour mener à bien ces exercices en collaboration avec le Bureau électoral. Les officiers n’hésiteront pas à faire usage de leurs armes à feu si cela s’avère nécessaire », confie la même source.

En ce qui concerne les interventions urgentes en cas de dérapage sur le terrain, c’est la police anti-émeute (SSU), munie de matraques et de bombes lacrymogènes, qui s’attellera à cette tâche. Ils seront en mode stand-by dans cinq lieux : les Casernes centrales pour la région portlouisienne, Piton pour le Nord, Flacq pour l’Est, Rose-Hill pour la région ouest, Rose-Belle pour le Sud, et Curepipe pour le centre. « Nous serons vigilants près de certains centres de votes où il y a eu des dérapages dans le passé comme à l’école du gouvernement Idrice Goomany à Plaine-Verte où en 2010 et 2014, il y a eu des affrontements entre partisans avec des jets de pierres. Durant un court moment, les votants n’avaient pu accomplir leur devoir civique. Nous ne voulons pas une répétition de ce genre d’événements. Et donc, plus de policiers seront aux abords des centres de votes jugés sensibles ». Et d’ajouter que : « Ce sont les Divisional Commanders qui devront désigner leurs stratégies de déploiement au niveau de leur région respective ». Alors que les hélicoptères de la police survolent entièrement l’île non-stop.

Pour ce qui est de la campagne, plus de policiers travailleront durant les deuxième et troisième shifts (entre 14h à 22h, et 22h à 6h respectivement). « Les réunions et congrès se déroulant le soir et donc, il est normal que plus de policiers soient en service durant cette période pour assurer la sécurité du public », a déclaré le haut gradé. Les policiers de différents postes seront épaulés par des éléments de l’Emergency Response Service et la Divisional Supporting Unit. « Il y aura des patrouilles durant la nuit après les réunions politiques. C’est pendant ces heures tardives que nous enregistrons des plaintes pour des affiches déchirées ou encore des prises de bec entre activistes ».

L’île Rodrigues sera également prise en compte avec des policiers qui feront le déplacement sur place bientôt. « Ce sont surtout des éléments de la SSU et la SMF qui se rendront à Rodrigues. On n’a pas encore arrêté un chiffre exact, mais ils seront au moins une centaine de policiers qui prêteront main-forte à leurs collègues dans l’île ».

Par ailleurs, les unités des CID, de l’ADSU et l’administration de la police travailleront avec un personnel réduit car certains éléments porteront l’uniforme pour exercer sur le terrain. Les Police Headquarters rassurent toutefois que les enquêtes ne seront pas affectées par ce redéploiement. Une rencontre entre la police et la commission électorale est également prévue cette semaine pour peaufiner les modalités pour le scrutin.