Le commissaire de police (CP), Dhun Iswur Rampersad, a affirmé, hier matin, aux Casernes centrales, à l’occasion d’une parade marquant la remise de la President’s Long Service and Good Conduct Medal à 570 policiers, en vertu du National Awards Act (1992), qu’il y a une “significant decreasing trend in the number of crimes reported yearly” en s’appuyant sur les chiffres compilés au niveau du Central Statistics Office. 
D’emblée, dans son discours, après avoir félicité comme il se doit les récipiendaires de cette médaille, Dhun Iswur Rampersad devait s’attaquer à la question de la criminalité en faisant d’abord remarquer que “there have been a few comments here and there on the level of crime in the country. But truth should prevail: over the past decade or so, there has been quite a significant decreasing trend in the number of crimes reported yearly. For the ordinary citizen, any unlawful occurrence except contraventions, is considered as crime generally, which in fact, goes along with what the Police call in their jargon ‘crime and misdemeanour’ taken together”, a déclaré le CP. Et d’ajouter qu’au cours des dix dernières années, le nombre le plus élevé de criminalité/délits enregistré à Maurice était en 2007 avec 54 037 cas, tandis que le plus bas enregistré remonte à l’année dernière avec 40 901 cas, soit une baisse de 24%. Dhun Iswur Rampersad devait indiquer que le taux de criminalité pour 1 000 habitants était de 5,7 en 2007, et de 3,5 pour 2012. Ce taux de 3,5 devait être présenté comme étant le plus bas de ces 20 dernières années. En ce qui concerne les délits, le taux était de 37,2 en 2007, contre 28,2 en 2012, soit le taux le plus bas des dix dernières années.
Toutefois, le commissaire de police concède, malgré une tendance générale de la criminalité à la baisse, que certains types de crimes sont en hausse depuis les deux dernières années. Ces crimes sont principalement des abus sexuels sur des mineurs, la violence contre les femmes et les personnes âgées, le viol, la violence domestique, le vol avec agression sur la voie publique, une criminalité liée à la fraude et la malhonnêteté, comme la corruption, en faisant usage de faux documents, l’escroquerie et finalement les violations de l’ICTA. “Many of these problems are not within the control of the police. Without venturing into the field of sociology or psychology, we can safely state that these types of crime are issues more related to economic and family background, family matters, behaviour, attitude, integrity etc… rather than a matter of policing”, a déclaré le CP en ajoutant que si l’on souhaite assurer un avenir meilleur et créer une “crime-free society”, il faut veiller à ce que tous les efforts soient orientés vers l’amélioration du sort de notre jeune génération.
Police and Criminal Evidence Act
Poursuivant son discours, le N° 1 de la police devait faire comprendre qu’il y a une perception que la criminalité est en hausse et émet des réserves quant au traitement accordé aux faits divers par les médias. “Be as it may, there is still a perception that crime is increasing. In fact, quite often, our radios and in particular, our papers, carry horrific pictures of dead bodies and reports on violence and fraud in quite an impressive manner. Moreover, certain people who have an axe to grind, also take the opportunity to exploit the situation to their benefit. Psychologically, this influences people and many tend to think that crime, which is a fact of life, is increasing. This is rather a perception than the truth”, a-t-il tenu à préciser.
D’autre part, abordant un aspect legal, le CP Rampersad rappelle qu’un changement majeur se profile à l’horizon dans le système de justice pénale avec l’entrée en vigueur du Police and Criminal Evidence Act : “From a legal perspective, there is a major change looming ahead in the criminal justice system, where the Government is shortly coming up with the Police and Criminal Evidence Act (PACE) that will demonstrate that police evidence obtained is both transparent and fair. In other words, it will inter alia relate to the powers of police to stop, enter, search, seize, arrest and detain as well as the treatment and questioning of detainees. We need, therefore, to prepare ourselves for a drastic change in our work procedures.”
Tout en rappelant aux officiers de police qu’ils doivent comprendre les besoins de la société et être à la hauteur de ses attentes, Dhun Iswur Rampersad a chaleureusement félicité les 570 policiers, dont 14 provenant de Rodrigues, récipiendaires du President’s Long Service and Good Conduct Medal. Cette attribution récompense les officiers ayant franchi la barre des 18 années de service au sein de la police et ayant surtout accompli un travail remarquable. Au cours de cette cérémonie, une minute de silence fut observée en mémoire des officiers décédés dernièrement dont les constables Jodhee, Cheekhooree et Jahalea qui devaient faire partie de la parade hier matin aux Casernes centrales.