Le scandale du CGS Vigilant, qui sera remplacé par le CGS Barracuda, attendu à Port-Louis à la fin de la première semaine de janvier prochain, plombe la réputation de la force policière dans le dernier rapport de l’Audit. La police a également été rattrapée par des lacunes majeures au chapitre de la qualité des 25 000 chemises distribuées aux membres de la force à la fin de 2013. Le Directeur de l’Audit critique également l’absence de tout contrôle sur les Non-financial assets au coût de Rs 3,7 milliards de ces trois dernières années.
Depuis 2006, les autorités ont pris la décision de vendre le CGS Vigilant pour un montant de 2,5 millions de dollars vu les graves défauts mécaniques rendant impossible toute manoeuvre en mer. Mais à ce jour, cette unité de la National Coast Guard est encore sous le contrôle de la police avec des dépenses inutiles de Rs 6,2 millions annuellement, soit un budget global de Rs 43 millions jusqu’ici, et l’affectation de 18 officiers de police à bord pour des travaux d’entretien.
Trois exercices d’appel d’offres n’ont pas permis de trouver le client idéal pour se débarrasser de cet objet encombrant en rade de Port-Louis. « It is advisable that the Mauritius Police Force disposes of the vessel at the earliest, as this will only save Government money in impending refit/repairs, but will also give way for utilisation of the available berth and crew of the vessel for the new ship Barracuda », propose l’Audit.
L’absence d’un Master Inventory ou d’un Assets Register à la police se fait amplement sentir avec des dépenses de l’ordre de Rs 3,7 milliards sous forme de Non-financial assets. « The records of assets maintained at the Police Headquarters (Line Barracks) were inadequate. No proper control could be exercised on the existence of the assets », lit-on à ce chapitre.
Devant les carences notées lors des descentes des lieux effectuées en janvier et février dernier aux Casernes centrales, dans les headquarters de districts et dans 12 postes de police, l’Audit exige que « financial regulations should be complied with » en rappelant que « at the level of police stations and district headquarters, inventory sheets should always be kept updated. Movement of assets should be properly recorded, and physical surveys should be carried out on a regular basis to ascertain existence of assets ». Dans un des District Headquarters, 22 des 29 formulaires d’inventaires n’étaient même pas signés par l’officier de police concerné.
L’Audit stigmatise l’approche amateur adoptée par la force policière pour les exercices d’appels d’offres vu que la solution de facilité de se fier aux prix obtenus lors des précédents exercices était privilégiée. Il y a également le fait que les spécifications n’étaient pas respectées par les contracteurs choisis. Dans ce cas, il y a la distribution de 25 000 chemises non conformes aux membres de la force à la fin de 2013. Le coût de ce contrat était de Rs 6 millions.
Lors de la livraison des premières 15 000 chemises en novembre 2013, une condition, le poids de la chemise, n’était pas conforme aux termes du contrat. « Upon request, the Procurement Policy Office advised with a view to averting a critical situation, the shirts proposed by the selected bidder may be exceptionally accepted ». En décembre 2013 pour la livraison de 5 000 autres chemises aux policiers, aucune amélioration n’avait été notée mais la police devait décider, sans aucune consultation avec le Procurement Policy Office, de les accepter. Raison évoquée : Operational urgency.
Des problèmes similaires de non-respect des conditions d’appel d’offres ont été relevés par l’Audit pour les contrats de fourniture de couvertures et de casques intégraux à la police.