Le Canada a fait un pas de plus vers la légalisation du cannabis à des fins récréatives et devenir le premier pays du G7 à légaliser cette drogue douce, avec une entrée en vigueur espérée par le gouvernement à l’automne.

Jeudi, une majorité de sénateurs (56 pour, 30 contre et une abstention) ont voté le projet de loi déposé par le gouvernement du libéral Justin Trudeau, non sans avoir mené une bataille parlementaire avec moult amendements, retardant la consommation libre du cannabis prévue initialement pour coïncider avec la fête nationale canadienne le 1er juillet.

Le texte de la « loi sur le cannabis », modifié par les sénateurs, va maintenant revenir devant les députés pour son adoption définitive avant de recevoir le sceau royal.

En raison de la suspension des travaux au Parlement dans deux semaines jusqu’à la mi-septembre, la légalisation pourrait être effective au mieux à l’automne.

Si l’usage du cannabis est déjà légalisé en Uruguay, le Canada sera le premier pays du G7 à légaliser cette drogue douce, promesse de campagne du Premier ministre Justin Trudeau avant son élection.

Le chef de gouvernement –qui avait avoué en 2013 avoir déjà fumé « cinq ou six fois » un joint avec des amis–, justifie la légalisation pour sortir les trafiquants du marché et protéger les jeunes.

Certains pays occidentaux « reconnaissent que le Canada est en train d’être audacieux (…) et reconnaissent l’honnêteté » du pays, qui avoue que le système répressif actuel « ne fonctionne pas pour empêcher nos jeunes d’avoir un accès facile au cannabis », avait déclaré à l’AFP Justin Trudeau il y a un mois.

« Dans beaucoup de pays, notamment au Canada, il est plus facile (pour un mineur, NDLR) d’acheter un joint que d’acheter une bière, ça n’a aucune logique! Et, en plus, c’est une source de revenus épouvantables pour le crime organisé », avait-il ajouté.

Après le vote au sénat jeudi soir, la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould a repris les mêmes arguments en estimant que cette loi « créera un marché strictement règlementé pour le cannabis, afin de le garder hors de la portée des jeunes et priver les criminels d’en pouvoir profiter ».

Le gouvernement a prévu au budget plus de 260 millions de dollars sur cinq ans dans des opérations de prévention aux risques associés à la consommation de cannabis, avec des efforts particuliers pour les communautés autochtones particulièrement exposées aux ravages de la toxicomanie.

Pour arracher l’accord au sénat, la ministre de la Santé Ginette Petitpas Taylor a promis, en septembre puis un an après la légalisation effective, « un rapport complet sur les progrès » réalisés sur des mesures demandés par les parlementaires.

-AFP