Photo archive
  • “Chaque élu a la responsabilité de défendre les Mauriciens de toutes les communautés”, soutient le prélat

L’évêque de Port-Louis, le cardinal Maurice Piat est “personnellement contre” un recensement ethnique qui servirait pour les élections générales. Dans un communiqué en date du 29 octobre et posté le lendemain sur le site-web du diocèse de Port-Louis, le prélat souligne que le Comité diocésain 1er Février plaide pour un recensement ethnique sans préciser si ce recensement doit être la base à un futur calcul pour remplacer le Best Loser System ou s’il doit être seulement un instrument pour mesurer la représentativité ethnique dans les administrations publiques, paraétatiques et autres.
“Personnellement, je ne suis pas pour un recensement ethnique dont on se servirait pour

les élections”, précise l’évêque catholique. Pour le cardinal Piat, c’est “pour une raison importante que je partage entièrement” que les Nations unies “demandent à l’Etat mauricien d’abolir le Best Loser System (BLS) et son corollaire, qui stipule que chaque candidat, en s’enregistrant, doit déclarer la communauté à laquelle il appartient”.
Dans le communiqué indiqué, l’évêque de Port-Louis laisse planer son scepticisme quant au fondement du BLS qui voudrait que “seul un musulman peut protéger les intérêts des musulmans, que seul un créole peut protéger les intérêts de la population générale, que seul un hindou peut protéger les intérêts des hindous, que seul un Chinois peut protéger les intérêts des Chinois”.

Même s’il dit comprendre qu’à la veille de l’indépendance, le BLS a été adopté en vue de “calmer les peurs des uns et des autres”, le prélat est convaincu que 50 ans après, “notre pays doit devenir plus adulte”. “Chaque Mauricien élu doit comprendre que, peu importe sa communauté, sa responsabilité consiste à s’engager à défendre les intérêts des Mauriciens de toutes les communautés”. Si l’évêque catholique reconnaît que beaucoup d’élus le font déjà, il est aussi vrai, selon lui, que certains “se servent de leur position d’élus au Parlement pour protéger les leurs seulement au dépens des autres”.

Pour prévenir cela, le cardinal Piat suggère “des lois avec des pénalités très sévères”. Mais, pour le prélat, ce qui importe le plus après 50 ans d’indépendance, c’est que les Mauriciens “doivent avoir la volonté de se faire confiance, mutuellement”. Sans quoi, estime l’évêque de Port-Louis, “nous ne deviendrons jamais un peuple”.

S’il reconnaît, par ailleurs, l’existence de la discrimination ethnique dans les administrations publiques et paraétatiques, le prélat pense que les hautes autorités de l’Etat “peuvent ne pas être au courant de cela et insister que les critères soient respectés”.

Toutefois, Pour Maurice Piat, “beaucoup de ceux qui travaillent à un échelon moyen peuvent croire qu’ils font plaisir aux princes en écartant certains subtilement”. Le cardinal Piat reconnaît aussi que dans beaucoup d’administrations, “des personnes compétentes de diverses communautés aiment à travailler ensemble et font du bon travail. C’est cela qu’il faut souligner, encourager, honorer”, dit-il.