Dans le cadre de la Journée internationale de l’éradication de la pauvreté, le ministère de la Sécurité sociale et la NEF ont invité le Dr Jacques Rangasamy, MBE, pour animer une causerie sur le thème “Poverty as Cultural Legacy: A reflection on the cultural resources of Mauritian Citizenship”. Au lieu d’un débat, l’homme a choisi de parler avec son cœur tout en mettant en avant “the sense of the individuality”. «La pauvreté est inscrite dans notre conscience, but each case of poverty is a tremendous potential that has been led unfulfilled », dit-il.

Le Dr  Rangasamy insiste sur le fait qu’il faut prendre en considération l’individualité et l’histoire vécue de quelqu’un pour que la métamorphose puisse s’opérer. Professeur d’histoire de l’art, il met l’accent sur cette sensibilité qui lui a poussé à encourager ses élèves à avoir avant tout une approche humaine. Il raconte ses moments pénibles de survie à la mort de son père, son mentor qui travaillait comme auxiliaire médical au Moulin à Poudre. Pendant 22 ans, il a enseigné l’histoire de l’art avant d’apporter son expertise à d’autres universités, notamment à Porto, au Portugal, à Macerata, en Italie, en France et aux États-Unis. Pour mieux véhiculer l’art contemporain de l’Asie, il se retrouve à la tête de Sisha, qui s’occupe de tout ce qui a trait à l’art contemporain au Sri Lanka, en Inde et au Pakistan. Le Dr Jacques Rangasamy est avant tout un philosophe qui trouve que les jeunes  devraient se connecter à « l’humanisme universel ».

Pour revenir à sa causerie sur l’éradication de la pauvreté, il insiste sur le fait que « equity gives everybody the same ground advantages and equal disposition ». Mais quand la richesse est mal distribuée, cela génère un grand conflit et c’est la raison pour laquelle il trouve qu’il faut d’abord éduquer les gens à relever la tête avec le peu qu’ils possèdent. « The opposite of poverty is fulfilment, realisation. Il faut réconcilier cette idée de pauvreté en l’abordant sous un autre angle. Car pour créer la richesse, il faut des compétences, ce qui donne à l’homme “a sense of presence, belonging”. People who are poor feels themselves as victims. Il faut briser ces clivages et redonner au pauvre ce sentiment d’appartenance pour qu’il parvienne, avec peu de moyens, à avancer graduellement dans la vie », dit-il, soulignant que l’éradication de la pauvreté est un signal fort. « Il faut vivre la pauvreté pour pouvoir en parler. Quand j’ai perdu mon père à l’âge de 16 ans, je me suis retrouvé sans guide et c’est lorsque j’ai fait un travail sur moi que j’ai réussi à sortir de cette condition. J’insiste toujours sur le fait qu’il faut prendre en considération le vécu d’un homme pour pouvoir l’aider à sortir de sa misère. La pauvreté cache souvent un potentiel qui doit être mis en relief et cette mission est une responsabilité civique et politique. Pour éradiquer la pauvreté, il faut un travail de coordination entre le gouvernement, le social et la culture », explique-t-il.

Alain Wong, ministre de l’Intégration sociale, s’est dit heureux d’avoir pu côtoyer le Dr Jacques Rangasamy qui, dit-il, a été appelé à officier dans différentes universités et à déchiffrer des tableaux encodés dans différents sites archéologiques. « Aujourd’hui, il vient nous parler de la pauvreté qui agit dans notre système de vie et a dit qu’il ne faut pas chercher le bonheur dans la fortune mais dans la culture d’abord. Il a ajouté que la fortune suivra. Il m’a inspiré par la manière de vivre sa vie en toute humilité tout en portant son île dans son cœur malgré le fait qu’il soit établi depuis de nombreuses années en Angleterre », a dit Alain Wong.