ZIBYA ISSACK

Une bonne amie à moi m’a récemment confié une histoire très poignante. Ex-maîtresse d’un homme marié pendant plus d’une année, elle en sort aujourd’hui ébranlée, mais soulagée. Après un dur combat, elle a voulu s’adresser à toutes les femmes, au cas où ça pourrait les aider à y voir plus clair avant de se lancer dans une quelconque aventure. J’ai quant à moi essayé de traduire au mieux sa pensée.

En voici un extrait : Ô Maîtresse, tu ne sais pas ce que tu fais, mais tu le fais quand même par passion. Tu te laisses piéger par l’hameçon d’un farceur qui jettera les arêtes du poisson une fois satisfait. Qu’est-ce que cela t’apporte d’être la maîtresse cachée d’un homme marié ? Des perles, des bijoux et c’est tout ? Quel est l’intérêt de faire durer cet amour clandestin ? Ne vois-tu pas que la clandestinité n’apporte que le plaisir immédiat. Tu parles d’amour ? Mais de quel amour ?

Un amour orageux, dévoreur et inextricable ? Ne vois-tu pas qu’il t’achète et qu’il ne quittera jamais son épouse et ses enfants et son confort familial pour toi ? Dans cette histoire, tu n’en sortiras jamais gagnante puisque tu essaies, à la manière d’une voleuse, de t’approprier ce qui ne t’appartient pas et de t’accaparer d’un amour illégitime. Tu t’amuses à jouer avec le feu infernal de l’amour interdit, mais tu passeras toujours après l’épouse.

Tu ne seras jamais complètement heureuse car tu ne l’auras jamais seul pour toi. Tu resteras alors atrophiée dans une relation fausse, frustrante et intolérable à la longue. Et si tu en es vraiment amoureuse, tu finiras jalouse, obsédée, folle presque. Tu te crois plus forte, plus belle, mais tu ne fais que bâtir ton amour sur les ruines d’une autre. Dis-toi que s’il a trahi la mère de ses enfants, il pourra tout aussi bien te trahir un jour.Ô Maîtresse, ressaisis-toi !

Passe du statut de l’objet à celui du sujet. Le malheur d’une épouse ne fera jamais ton bonheur. Ne sois pas un épisode dans la vie d’un homme. Un jour dans la rue, lorsqu’il marchera aux côtés de sa femme, main dans la main et qu’il fuira ton regard, tu comprendras alors le sens de l’expression : c’est comme recevoir un couteau en plein cœur. Ô Maîtresse ! Tu mérites bien plus que cela. Tu as le droit d’être heureuse légitimement. Ne sois pas la faveur, mais le respect. Sois la rose chatoyante, et non une fleur fanée. Ne vis plus dans le mensonge de l’obscurité, mais dans la pureté de la clarté. Sois la fierté, et non une rescapée.