Le président du Comité, Noureddine Amir, est revenu sur un incident de mercredi, où l’Attorney General Maneesh Gobin avait montré son agacement quand un expert lui a demandé des statistiques sur les ethnies parmi les détenus. Il a d’emblée rappelé au ministre mauricien que le Comité est constitué d’experts « élus pour leur totale intégrité, leur professionnalisme, leur crédibilité, leur sens de la répartie, leur sens d’impartialité,
et indépendance. »

Il a également fait ressortir que personne ne remettait en cause l’unité au sein de la société mauricienne, mais que le comité ne faisait que faire ressortir certains aspects ayant peut-être échappé aux autorités mauriciennes. « Maurice est un peuple, un État, une nation. Pour les membres du comité, pour des raisons à caractère démonstratif, pas empirique, il peut avoir des choses qui échappent à un Etat-partie. Est-ce qu’on enseigne par exemple, la langue d’une minorité ? Est-ce que certaines minorités n’ont pas les mêmes chances pour accéder à un emploi, à un logement ? Comment le savoir si on n’a pas les chiffres pour vérifier s’il se passe un problème ? Certains subissent peut-être
des discriminations raciales, mais ne le disent pas, parce qu’ils ont peur pour différentes raisons. » Le président du comité a également insisté sur le respect envers les membres de cette instance et le bon travail qu’a effectué Yemhelhe Mint Mohamed, rapporteur pour Maurice.

Maneesh Gobin s’était étonné mercredi qu’un membre du comité puisse lui demander des statistiques sur les ethnies des détenus. Il s’est demandé s’il n’allait pas maintenir un système qui ne devrait pas être en place en procédant de la sorte et a souligné que les personnes étaient jugées par une cour indépendante. Réagissant aux propos du président, l’Attorney General a présenté ses excuses, arguant avoir été bouleversé par certains
propos qui pouvaient mettre en péril le tissu social du pays.