26 mai 2018, 22:45, heure locale. Des millions de fanatiques de football à travers le monde ont les yeux rivés sur leurs écrans. 29 minutes plus tard, déception totale pour les fans des Reds. Mais que s’est-il passé exactement lors de la finale de la Ligue des Champions entre Liverpool et le Real Madrid?

Judy Chelvan

Le Liverpool de Jürgen Klopp mettait les pieds sur la pelouse samedi avec une réelle chance de victoire. Au coup du sifflet, c’est le déclic. En l’espace de quelques minutes, Liverpool a une possession de balle extraordinaire qui fait flancher/fléchir le 11 de Zinédine Zidane. Mohamed Salah s’avance dangereusement vers les buts de Navas plus d’une fois, mais une ombre s’affiche au tableau. Sergio Ramos, capitaine des Los Blancos, semble coller à la peau de l’international égyptien comme la peste. Ceci serait tout à fait normal si ses gestes restaient dans la limite du fair-play.

Première tentative du défenseur central: un coup derrière les genoux de Salah. L’attaquant des Reds se relève, mais il semble que Ramos le cible de plus belle. À la 28e, le moment tant redouté arrive: le pharaon égyptien est à terre, l’épaule déboîtée, Ramos satisfait! C’est en larmes que le joueur de 25 ans quitte le terrain, des larmes partagées par ceux qui chantaient, quelques minutes auparavant, You Will Never Walk Alone.

Avec 32 buts en Premier League, où il est sacré meilleur buteur, 10 buts en Ligue des Champions, et une qualification en équipe nationale pour le Mondial russe, la première en 28 ans, Salah était le meilleur espoir des Reds. Malheureusement, le chiffre 28 n’a pas porté de chance à l’égyptien samedi soir. Ceux qui s’attendaient au duel Salah/Ronaldo, tous deux en lice pour le ballon d’or, ont été déçus. Le pharaon a-t-il toujours une chance d’être le 2e joueur africain à décrocher ce titre prestigieux?

Revenons-en au comportement du défenseur central espagnol. Sergio Ramos, considéré comme l’un des meilleurs à son poste, est réputé pour être un défenseur vicieux, voire méchant. Ceci n’est pas la première fois que le joueur a recours à la brutalité pour arriver à ses fins: au contraire, il aurait été drôle de le voir se comporter de façon civilisée et “fair-play” sur le terrain. En effet, le joueur compte à son ‘palmarès’ 19 expulsions en Liga, amenant à un total de 24, toutes compétitions confondues, faisant de lui le joueur ayant obtenu le plus de cartons rouges dans l’histoire de la ligue espagnole. Il nous semble qu’au Real Madrid, l’esprit de “foul play” et le manque de grâce sont les qualités requises pour accéder au poste de capitaine. Son jeu, comme à l’accoutumée, a dégoûté plusieurs.

Tel un GI en mission, l’international espagnol ne s’est pas arrêté avant d’avoir achevé sa mission. Sa prochaine victime? Sadio Mané, bien sûr, le dernier rempart des Reds, qui a pu ramener le score à égalité pour un moment. Ayant échoué à mettre à terre l’international sénégalais, Ramos se fixe un nouvel objectif: un carton jaune ou rouge fera l’affaire, histoire de déstabiliser un peu plus cette équipe de Liverpool. Il réussit une fois de plus son coup, Mané écopant d’un carton jaune. Deux exploits en une soirée pour Ramos; ne serait-il pas l’homme du match?

Cette finale de Ligue des Champions aurait dû être celle que Liverpool remporterait après 13 ans. Au lieu de ça, elle est celle qui positionnera ‘Zizou’ comme le 7e homme à remporter ce titre en tant que joueur et entraîneur, le deuxième issu du Real, et le premier entraîneur français à gagner ce trophée. Ce match qui aurait pu tourner autrement, s’achèvera ainsi. Reste à voir maintenant, si l’affiche de la finale de l’an prochain laissera une impression de déjà-vu…