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Un quart de siècle après leur lancement, les SMS sont toujours l’un des modes de communication favoris dans le monde. Mais il perd du terrain sur les applications de messagerie tandis qu’une nouvelle norme est poussée par les opérateurs et Google.

Le message tenait en dix-sept caractères : “Merry Christmas !”. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1992, Neil Papworth, ingénieur britannique de la société Sema Group, envoyait le tout premier SMS afin de souhaiter un “joyeux Noël” à Richard Jarvis, l’un de ses clients chez l’opérateur Vodafone. Tapé depuis le clavier d’un ordinateur – les téléphones portables n’en comportaient pas encore -, le premier message court était destiné à un usage interne. Papworth planchait sur un système permettant aux dirigeants de Vodafone d’échanger des messages avec des employés.

Cantonné à un cercle restreint d’utilisateurs dans un premier temps, le Short Messaging System sort finalement de l’ornière en 1999, lorsqu’un opérateur se décide à ouvrir le dispositif à ses clients.

Facturé à l’unité et sans interopérabilité, le SMS ne rencontre pas un succès immédiat. Il sera éclatant dans les années 2000 où ses bulles de 160 caractères s’imposent comme le canal de communication le plus populaire au monde depuis le clavier numérique des téléphones. L’arrivée des claviers tactiles et la fin des forfaits SMS leur donnent une nouvelle dimension. On communique moins à la voix qu’à l’écrit. Les mots raccourcissent et les formules vont à l’essentiel. Le SMS bouscule le rapport au langage. C’est le fameux langage SMS. Les smileys puis les emojis ponctuent les messages, qui s’embarrassent moins de précaution. Aujourd’hui, des millions de textos circulent chaque seconde à travers le monde. Près de 9.000 milliards de SMS ont été échangés l’an dernier.

Après 25 ans de bons et loyaux services, le SMS pourrait bientôt tirer sa révérence. Depuis l’introduction du MMS en 2002, le SMS n’a guère évolué, tombant peu à peu en désuétude face à l’avènement des applications de messagerie aux fonctionnalités multiples. Facebook Messenger et WhatsApp sont utilisés par plus d’un milliard d’utilisateurs, QQ et WeChat par plus de 800 millions et la liste des services de messagerie dépassant les 100 millions d’utilisateurs croît de jour en jour : Snapchat, Skype,Telegram, Viber, Line, BBM. Le volume de leurs échanges est aujourd’hui deux fois supérieur à celui des SMS.

Pour ne pas perdre la main sur cet usage clé de la téléphonie face à des services qui utilisent les réseaux de données sans leur verser un centime, les opérateurs télécoms soutiennent depuis 2008 la création du protocole RCS, le Rich Communication Service. Cette technologie offre plus de possibilités que les 160 caractères du SMS.

Le RCS permet d’envoyer des textes, documents ou images et de passer des appels vocaux et vidéos sans limite de taille, en haute résolution. Il autorise aussi les discussions de groupe et l’envoi de documents interactifs directement dans un message, comme un billet de train ou une réservation de restaurant avec emplacement Google Maps. Le RCS séduit particulièrement les annonceurs qui voient en lui un fort potentiel pour le travail collaboratif et le marketing.