C’est en plaisantant avec Michel son époux que Reena Kissoon-Leste s’est inscrit à “Star de Scope”, avec toutefois cette petite voix lui disant que ça pourrait bien marcher. Elle n’aurait imaginé faire la Une de son magazine, dont elle est une fidèle lectrice depuis des années.

Ce relooking par Raya Cosmétique est un “cadeau inattendu” pour celle dont la vie a été chamboulée suite à un accident et des conséquences lourdes pour celui qui partage sa vie depuis presque 18 ans. Ce sourire de notre “Star de Scope” est bien plus qu’essentiel. Elle veut encourager d’autres à s’accrocher à l’idée que la vie doit continuer et, qu’au bout du tunnel, il y a toujours de l’espoir…

Les confidences de notre “Star de Scope”, Reena Kissoon-Leste, seront ponctuées d’un humour noir. Elle se décrit d’emblée comme une “nobody”, une femme “presque heureuse et chanceuse” de se fondre dans la masse et de passer inaperçue dans la rue. Sa petite taille fait qu’elle se sent souvent dans la peau d’une hobbit, souvent obligée de demander de l’aide pour atteindre des produits placés en haut des étagères des supermarchés. Même mariée et maman, elle n’arrive pas à ne plus être la petite fille de ses parents.

Quand la vie bascule.

À 39 ans, elle nous avoue avoir du mal à cerner réellement son caractère et sa personnalité. “Je peux être à la fois la sœur qui pique les vêtements de mes deux frangines, l’épouse qui regarde toujours son mari avec un sourire stupide au visage, la maman qui ne se lassera jamais des câlins de sa fille, et en même temps la femme entrepreneur qui n’arrête pas de se battre.”

Sans compter une tête qui “réfléchit trop à mon goût” et ses dix mille projets que “je me crois capable de réaliser en même temps”. Tout en étant une lecturer à temps partiel dans l’espoir d’apporter un nouveau souffle à l’enseignement, Reena Kissoon-Leste peut facilement se glisser dans la peau d’une enfant qui croit toujours au Père Noël et aux miracles. Mais il y a bien une chose de sa personnalité qui ne changera jamais : “être souriante malgré les hauts et les bas de la vie.”

Il y a un an et demi, son époux Michel a été victime d’un accident sur un terrain de foot, qui a laissé des conséquences lourdes. Au point “de basculer notre vie à nous trois, Michel, Tasya (notre unique enfant) et moi-même”. Ce jour ne s’effacera jamais de sa mémoire. Elle se sent aujourd’hui prête à en parler, même si les larmes remontent et qu’elle ressent les mêmes frissons. “Comme une série, je revois les scènes en flash-back et j’ai l’impression qu’il y a même une musique de fond.” Depuis, son quotidien a pris une autre tournure. C’est ainsi qu’avant son relooking, la jeune femme originaire de Moka a dû s’organiser et mettre en place un planning très millimétré. “Je m’occupe de mon mari comme d’un bébé. Si je ne l’aimais pas comme je l’aime, je n’aurais jamais pu faire la moitié de ce que je fais. Malgré son lourd handicap, il reste l’homme de ma vie et je garde foi en Dieu.”

Solidarité à l’hôpital.

Après plusieurs semaines d’hospitalisation, le retour à la maison était impossible puisque l’habitation n’était pas adaptée. Du jour au lendemain, il a fallu changer toutes leurs habitudes. “Pour ma fille, cela a été très dur. Je me sentais impuissante de la voir souffrir en silence. Si je demeure forte, c’est pour elle. C’est elle qui me donne cette force de me battre, avec ses mots motivants, sa façon de penser et la manière dont elle fait face à la vie. Il y a aussi les prières de tout le monde. Et je dis bien tout le monde, car c’est dans des moments pareils qu’on voit le vrai visage de l’humanité. Il n’y a pas de religion, de caste, de couleur : Michel et nous avons reçu des prières de partout. J’ai vécu cette belle solidarité à l’hôpital, où chacun se soucie de l’autre, prie pour l’autre et vient en aide à celui qui en a besoin. Où on pleure ensemble et essuie les larmes d’inconnus. Je ne pourrai jamais remercier ceux qui ont toujours eu un sourire pour moi le matin, qui m’ont aidée, encouragée, réconfortée et conseillée à l’hôpital.”

Mais le soutien ne peut malheureusement pas tout guérir car il faut aussi faire face à des situations compliquées. “Financièrement et émotionnellement, j’ai eu à puiser de toutes mes ressources et de mes limites. J’ai craqué, j’ai eu des idées noires à force de ne plus me retrouver, de me perdre dans les factures, les assurances, les médicaments, les thérapies…” Mais celle qui pense “ne pas être souvent chanceuse dans la vie” croit dur comme fer que “chaque personne naît sous une bonne étoile”.

Positive attitude.

Cette séance de relooking chez Raya Cosmétiques est “un cadeau tombé du ciel”. Notre “Star de Scope” s’accorde très rarement du temps pour elle. Les sorties sont souvent pour des raisons professionnelles ou pour “conduire ma fille à ses activités et mon mari pour ses soins”. Se faire maquiller, coiffer, habiller et être prise en photo l’amène à dire : “C’est une belle expérience, car je demeure avant tout une femme. Même si mon mari ne parle plus, il sera content de me voir reprendre goût à la vie. Je veux aussi que ma fille retrouve en moi un exemple de battante qui garde le sourire malgré les coups bas de la vie. Et le plus important : je veux faire passer le message que la vie suit son cours malgré tous nos plans. Il y a bien une force supérieure et inexplicable qui crée des miracles.”

Pour ses proches, pour tous ceux qui sont là de près ou de loin, pour Michel et Tasya et surtout pour elle, Reena Kissoon-Leste entamera la nouvelle année avec la positive attitude. Avec la firme conviction et la détermination à avancer, mais aussi avec l’espoir que son compagnon retrouve la parole, la vue et l’usage de sa main et de son pied. “Qu’il puisse courir comme il le faisait avant. Qu’il puisse nous dire à nouveau qu’il nous aime et nous serrer dans ses bras. Qu’on retrouve le bonheur.”

Pour sa part, elle est très décidée à reprendre sa place d’entrepreneur et de relancer son business spécialisé en Design, Advertising and Events, malgré un emploi du temps très chargé. Elle souhaite que son vécu aide d’autres à s’en sortir. “J’ai constaté qu’à Maurice, il y a un manque de soutien émotionnel et psychologique aux familles des victimes. Je n’ai pas honte de dire que j’ai recours à un professionnel.

Mais je crois que cela devrait être offert dès le premier jour. On parle souvent des victimes, mais on oublie les parents d’enfants victimes d’accidents, de maladies graves. Je souhaite un jour avoir le support et le financement pour créer une ONG qui fera le nécessaire dans ce sens. Ma fille et moi sommes tout aussi victimes de cet accident que mon mari.”