Prem Koonjoo

Le Syndicat des pêcheurs a manifesté jeudi son mécontentement contre « l’inaction » du ministère de la Pêche face à leur situation. Judex Rampaul, le président, déplore le nouvel accord de pêche avec le Japon alors que les pêcheurs locaux font déjà face à des difficultés. Il souligne que beaucoup n’arrivent plus à rembourser leurs emprunts auprès de la Banque de développement. Le syndicat réclame ainsi le départ du ministre de tutelle, Prem Koonjoo, qui, dit-il, « gère mal » ce dossier.

L’arrivée de 15 bateaux de pêche industriels dans notre zone économique exclusive fait tiquer le Syndicat des pêcheurs (SDP). Au-delà du débat sur la pêche à la baleine, Judex Rampaul dit son inquiétude sur notre réserve en poissons. « Il y a déjà des bateaux européens qui pêchent dans nos eaux. Maintenant, on accueille des bateaux japonais. A-t-on fait un relevé pour connaître l’état de notre stock avant d’accorder de nouveaux permis ? Tout cela se fait au détriment des pêcheurs locaux. »

Il ajoute que le ministère de la Pêche avait encouragé les pêcheurs à aller en haute mer.

Des facilités avaient même été offertes pour acheter des canots. « Beaucoup ont emprunté avec la banque pour cela. Mais aujourd’hui, ils n’arrivent plus à rembourser car il n’y a presque plus de poissons dans nos eaux. »

Ce dernier dénonce ainsi la « discrimination » à l’égard des pêcheurs. Il avance que les planteurs et les éleveurs ont vu leurs dettes auprès de la banque être rayées mais que tel n’est pas le cas pour les pêcheurs. Il ajoute que « cela fait déjà quatre ans que le nouveau gouvernement est au pouvoir et que des requêtes avaient été faites au ministre de la Pêche », Prem Koonjoo. « Mais à ce jour, rien n’a été fait. C’est pour cela que nous réclamons sa démission. Nous avons adressé une lettre au Premier ministre en ce sens. »
Judex Rampaul rappelle que le SDP avait réclamé une enquête sur le Fishermen Investment Trust. Selon lui, « de grosses sommes d’argent appartenant aux pêcheurs » y ont été injectées. « Mais où est le FIT aujourd’hui ? Il y a deux bateaux qu’on avait eus comme donation et qui sont en train de pourrir. »

De même, il réclame la transparence pour le “grant” concernant l’achat de bateaux semi-industriels. « Il faut que les noms des coopératives bénéficiaires soient rendus public. Nous voulons la transparence et nous assurer que ce sont bien les pêcheurs et non pas des proches de politiciens qui ont bénéficié de cette aide. » Soulignons qu’après la manifestation d’hier, le SDP a reçu une lettre du ministère de la Pêche pour une réunion « urgente ». Celle-ci est prévue pour mardi prochain.