« Après ce qu’a dit le leader du MSM le 1er mai nous verrons ce qui reste de la dignité au MSM », a lancé samedi le leader du MMM. Paul Bérenger commentait la décision du Premier minister d’enlever le portefeuille du Commerce au ministre Showkutally Soodhun en échange des Coopératives.
Le leader de l’opposition n’a pipé mot au sujet de cette évolution politique lors de la partie officielle de sa conférence de presse largement consacrée à la situation économique dans le pays. Il a fallu attendre une question de la presse pour que Paul Bérenger affirme qu’il est « clair » que cette décision relève d’un « règlement de comptes du Ptr avec le MSM ». « Après tout ce que Pravind Jugnauth a déclaré le 1er mai, nous verrons bien ce qu’il en reste de la dignité à ce parti ! ».
Interrogé au sujet du livre de Jean-Claude de l’Estrac sur les Chagos, le leader du MMM a lancé : « C’est un très beau livre. Je l’ai lu en deux heures. » Cependant, a-t-il estimé, cet ouvrage comporte « certaines faiblesses » et une « grosse lacune ». « Il est bon d’analyser ce qui s’était passé avant et pendant la conférence de Lancaster mais l’auteur a complètement ignoré les démarches du gouvernement d’alors après le jugement de la Cour de Londres en 2000 », a affirmé Paul Bérenger. En fait, le jugement du 3 novembre de la haute cour de Londres rend « null and void » l’ordonnance qui interdit aux Chagossiens de visiter n’importe quelle île de l’archipel. Quelque temps après le gouvernement britannique a informé Maurice qu’à compter de 2001 les bateaux de pêche mauriciens pourraient circuler librement dans les eaux chagossiennes sauf autour de Diego Garcia. Paul Bérenger, alors ministre des Affaires étrangères, a demandé au gouvernement de l’envoyer à Londres pour proposer que les Britanniques rendent à Maurice la souveraineté sur toutes les îles et que « nous acceptions d’agree de disagree sur Diego Garcia ».
Le leader du MMM a rappelé avoir évoqué la question en 2005 à Washington avec l’ancien président américain, George W. Bush. Il a fait part des appréhensions de son parti concernant l’évolution de la situation économique. « Alors que le dernier discours budgétaire prévoyait un taux de croissance économique de 4,2 % pour 2011, ce chiffre a été révisé à la baisse. La Banque mondiale (BM) prévoit que la croissance ne sera que de 3,5 % cette année et en dessous de 4 % durant les cinq prochaines années », a souligné Paul Bérenger. Il a expliqué que « les choses ne s’arrangent pas pour l’économie mauricienne avec un ralentissement global après un semblant de relance, surtout aux États-Unis et en Europe, et même en Chine ».
Paul Bérenger, citant l’OCDE, a observé qu’« on n’est pas sorti de l’auberge » en ce qui concerne la crise économique. « Un ralentissement de la relance de l’économie globale, voire la possibilité d’une nouvelle récession mondiale, n’est pas à épargner. » Selon le leader de l’opposition, l’impact d’un tel ralentissement se serait déjà fait sentir sur l’économie nationale.
Par ailleurs, le MMM lancera vendredi à la Place Taxis de Beau Bassin le premier d’une série de meetings prévus dans le cadre des élections municipales.