L’éventualité d’une démission de Navin Ramgoolam à la tête du Parti travailliste et la mise en place d’un leadership collégial ont été évoquées hier lors d’une réunion de consultation du bureau politique du PTr au square Guy Rozemont. Une nouvelle réunion de décision du BP rouge est prévue dans le courant de la semaine.
La mise en place d’un leadership intérimaire collégial vise surtout à assurer la pérennité du Parti travailliste, une institution politique dans le pays, en attendant que la situation du leader du parti, Navin Ramgoolam, s’éclaircisse, a expliqué Patrick Assirvaden, président de ce parti. « Ce groupe de dirigeants sera représentatif de l’arc-en-ciel mauricien », a-t-il fait comprendre. La prochaine réunion du BP rouge devra également se prononcer sur l’opportunité d’organiser un congrès de ce parti en mars, comme prévu initialement. Les avis sont, pour le moment, partagés au sein du PTr. Concernant les accusations provisoires portées contre Navin Ramgoolam, Patrick Assirvaden a rappelé que le PTr respecte les institutions judiciaires du pays et reconnaît que tous les citoyens mauriciens doivent être traités sur un même pied d’égalité. « Nous faisons entièrement confiance en la justice », a-t-il affirmé.
Les membres du bureau politique présents au Square Guy Rozemont ont également passé en revue la situation politique dans le pays et le positionnement du PTr sur l’échiquier politique. « Durant les prochains mois, le temps de Navin Ramgoolam sera occupé par l’enquête policière et, éventuellement, le procès qui serait intenté contre lui. Pour les besoins de son équilibre personnel et pour celui du parti, il est normal qu’il se libère du PTr », fait ressortir un dirigeant du parti. Il estime que la clé du problème réside dans la création de l’encadrement nécessaire au financement des partis politiques et l’octroi des pouvoirs nécessaires au commissaire électoral. « Il faut pouvoir donner une légitimité au financement des partis politiques en général de manière à éviter la banqueroute morale dans lequel on se trouve actuellement », fait-on ressortir, en rappelant tous les partis politiques disposent d’un personnel administratif qui nécessite un budget important et est appelé à organiser également des activités au financement conséquent. « C’est le moment pour tous les partis de réfléchir à cette question de financement. Il en va de la bonne santé de la démocratie », a-t-il insisté.