Les journalistes qui ont attendu pendant plus de trois heures la fin du Bureau politique des rouges hier, au Sqaure Guy Rozemont, sont restés sur leur faim. Alors que certains d’entre eux attendaient cette occasion pour pousser la question que toute la population se pose concernant les Rs 220M retrouvées dans les coffres-forts de Navin Ramgoolam, il ne leur a pas été possible d’interroger le leader du PTr. Pour cause, après un bref point de presse à l’issue de cette réunion, Navin Ramgoolam s’est immédiatement levé et a quitté la salle de conférences, cédant la place au nouveau porte-parole du PTr pour s’adresser à la presse.
Habituellement bondé, le Square Guy Rozemont était quasi désert hier, à l’exception d’une dizaine de rares partisans dont des gros bras venus attendre la sortie de Navin Ramgoolam depuis très tôt. En descendant de sa BMW à 10h20, il a eu droit à de timides applaudissements de la dizaine de partisans présents. Mais le leader du PTr avait autre chose à faire que de s’arrêter pour le bain de foule auquel il s’était habitué et avait habitué partisans. Ce manque d’égard n’a toutefois pas découragé ceux présents. Et l’attente a été longue car le BP des rouges, spécialement convoqué par l’ex-Premier ministre, a duré plus de trois heures.
Pendant trois heures, les membres du BP sont revenus sur le leadership du PTr qui demeure entre les mains de Navin Ramgoolam qui « prend un congé des activités du parti ». C’est ce qu’il a fait ressortir lors de son rapide point de presse pour expliquer la décision unanime des membres du BP d’accepter sa volonté à lui de désigner Arvin Boolell comme porte-parole.
Preuve que c’est toujours Navin Ramgoolam qui tient les commandes du PTr, même si, selon lui, lors de la longue discussion qu’ont eue les membres du BP, « personne n’a eu peur de s’exprimer ». À la lumière des débats qui ont eu lieu, la décision a été « consensuelle » sur un congé temporaire de Navin Ramgoolam des activités du parti, le temps pour le leader de se consacrer à sa défense dans l’affaire de blanchiment d’argent et de fraude qui pèse sur lui depuis le 6 février dernier.
Une décision sera toutefois prise lors du congrès du PTr prochainement, tenant compte que selon la Constitution des rouges, ce n’est qu’à cette occasion qu’un leader peut être nommé ainsi que les autres postes de responsabilité attribués. Pour l’heure, ce congrès, qui a généralement lieu le 23 février en marge de l’anniversaire du PTr et initialement prévu le 1er mars, le 23 février étant un jour de semaine, a été repoussé à une date pas encore déterminée. Il faudra une nouvelle rencontre du BP et une autre de l’exécutif avant qu’une date ne soit arrêtée.
Outre ces quelques informations concernant la direction du PTr, la question majeure que se pose la population reste ainsi sans réponse. Navin Ramgoolam, s’appuyant sur l’enquête en cours et le fait qu’il n’avait pas encore donné de déposition à la police, n’a pas donné l’occasion aux journalistes présents de l’interroger sur la provenance des Rs 220M retrouvées dans ses coffres-forts.
S’il a tenté une blague sur le fameux « file rouge » qu’aurait découvert la police, c’est d’un ton des plus sérieux que le leader du PTr a animé son point de presse, s’empressant de quitter la salle juste après, laissant entendre qu’il devait encore rencontrer ses avocats pour finaliser sa ligne de défense. Toutefois, ce n’est qu’une demi-heure après qu’il a quitté le quartier général du PTr. Avant de s’engouffrer dans sa BMW, un rapide salut aux rares partisans qui l’attendaient depuis 10h hier matin.