UMAR TIMOL

J’entends, en moi, l’écho de toutes ces voix, qui ne sont peut-être qu’une seule et unique voix, voix qui résonnent en moi, voix qui épousent les errances d’une vie, voix qui sont des prières pour une divinité absente, voix silencieuses, le temps interrompu, voix mélancoliques, fragments de la lumière, voix qui sont les incantations de la passion, passion des mots, des livres, du langage, voix qui interrogent la mort. ‘l’écriture est la dernière frontière entre la vie et la mort’, voix d’une plaie insoumise, voix plurielles d’un pays mi-monstre, moi-ange, voix qui disent que la poésie n’est pas de ce lieu, qu’elle est conscience de l’infini, voix ensorcelantes, à force de charisme, voix qui disent la nostalgie du deuil, voix de la révolte, en finir avec les privilèges, voix qui racontent le rituel de l’écriture, une œuvre presque charnelle, voix qui disent la dérision du réel, voix impatientes, on ne peut tout à fait fuir le destin de sa colère, voix de ceux qui n’ont rien, une autre lumière hantant leurs yeux, tant de voix qui résonnent en moi, j’ai cru pouvoir saisir l’âme des autres mais ces âmes, leurs échos, m’habitent désormais, une seule et unique voix peut-être, celle de l’humain, autant de voix, autant de miracles dans les épaves de mon imaginaire.