Avant de s’attaquer aux différentes composantes de cette prescription de réforme, le FMI dresse un rapide constat de l’état de l’économie et des perspectives pour 2013 tout en faisant comprendre que « growth prospects are significantly impacted by developments in the global economy, especially Europe ». Même si le FMI prévoit que le taux de croissance devra être de l’ordre de 3,7%, « slightly below potential », cette année, « a resurgence of Euro area sovereign and banking stress with spillovers to other regions might reduce growth in Mauritius by 1 3/4 percentage points in 2013, with the shock transmitted through reduced tourism, trade and FDI inflow ».
En d’autres mots, un worst-case scenario avec une hypothétique croissance à 2%. Le FMI craint également une reprise de la dette publique, atteignant la barre des 61% d’ici à 2017. Force est de constater que le mois dernier, la Banque mondiale a octroyé deux prêts d’un montant de Rs 1 milliard dans la série de Development Loan Policies (DPL). L’analyse du FMI met aussi en garde contre le fait que « other risks to the outlook with a potentially high impact on the Mauritian economy include a protracted period of slower European growth and the end of double taxation agreement with India ». Par contre, les répercussions d’une éventuelle crise pétrolière devraient être modérées pour Maurice.
Par ailleurs, le FMI prend le soin de faire ressortir que « the authorities have broadly agreed with the IMF staff’s assessment of the outlook and associated risks and policy options. While competitiveness appeared to have declined over the last decade, they considered that planned fiscal consolidation and structural reforms would restore the economy’s competitiveness and reduce the current account imbalance ».
L’un des volets prioritaires de la réforme prescrite porte sur le démantèlement des activités de la State Trading Corporation (STC), dont la série de subsides en vigueur. Le FMI soutient que « subsidy reform could help achieve medium-term fiscal goals » et prévoit la mise en place de « targeted cash transfers to the poor through the Social Register of Mauritius to mitigate the impact of price increases ».
À la page 15 de ce rapport, le FMI maintient des plus catégoriquement que « untargeted subsidies on LPG, rice and flor are projected to cost 0.4% of GDP in 2013 and should be phased out ». Il dénonce le fait que « these subsidies administered by the State Trading Corporation are not transparent because they are not reflected in the budget ».
L’attaque la plus virulente contre la STC se situe au niveau de la politique des prix des produits pétroliers en soutenant que le maintien des prix entre mars 2011 et mars 2013 s’est résulté en des pertes pour cet organisme. « Before the last adjustment in early March 2013, retail petroleum prices had not been adjusted since March 2011, despite significant movements in international prices. Staff estimates that net losses from the incomplete pass-through of international prices in 2012 reached 0,1 % of GDP ».