La culture vivrière suscite de vives inquiétudes. Le président de la Small Planters Association, Kripalloo Sunghoon, explique que « les plantes n’arrivent pas à se développer correctement »;les consommateurs auront à attendre encore quelques semaines pour voir réapparaître des légumes locaux sur le marché, soutient-il. De plus, les légumes disponibles actuellement sont plus de 80% plus cher en comparaison avec les prix affichés 15 décembre dernier.

Kripalloo Sunghoon souligne : « Le peu de légumes ayant pu être sauvés est actuellement sur le marché. Beaucoup de planteurs font face à une situation difficile en ce moment. Les légumes ne se développent pas comme ils le devraient. Les conditions climatiques ne sont pas favorables. » Le président de l’association explique que la culture des pommes d’amour « devient de plus en plus difficile » en raison de l’humidité. « Les fleurs des plantes ne tiennent pas avec cette humidité. Elles tombent et les plantes ne produisent pas de fruits. Les piments, par exemple, sont atteints de champignons. Donc, on ne peut les vendre. Ce qui explique la hausse du prix du piment », indique Kripalloo Sunghoon.

Iran Ramjane, planteur à Triolet, abonde dans le même sens. « Les averses ne sont pas bénéfiques à nos légumes. Avec le vent, nous recevons des averses qui proviennent de la mer et elles posent problème pour toutes les variétés de légumes. Les feuilles deviennent alors jaunes et les fleurs tombent rapidement. Sans compter la chaleur et l’humidité, qui n’arrangent pas les affaires. Ce n’est qu’à partir de mars que nous pourrons cultiver de nouveaux légumes, et deux mois après nous aurons à nouveau des légumes locaux sur le marché », précise-t-il.

Artee, vendeuse de légumes à la Gare Victoria, Port-Louis, explique qu’elle a cultivé des concombres mais qu’elle n’a pu les récolter. « J’ai semé des graines. Quelques semaines plus tard, j’ai constaté qu’il y avait de petits concombres. Mais ils n’ont pas survécu à la chaleur et à l’humidité. C’est comme s’ils avaient ‘fondu’ », regrette-t-elle.

Quant aux légumes importés, Kripalloo Sunghoon avance qu’ils n’apaisent pas la crise pour autant. « Les légumes importés sont chers et beaucoup de consommateurs les évitent. Ils préfèrent les légumes surgelés », fait-il ressortir. Et celui-ci d’ajouter : « Si une famille de quatre personnes avait l’habitude de dépenser environ Rs 400 chaque semaine pour l’achat des légumes, elle devrait actuellement débourser entre Rs 600 et 700 », dit-il.