Les prix des légumes sur le marché sont en cette saison sèche revus à la hausse, soit entre 10% et 12%. Selon la Small Planters’ Association, plusieurs raisons ont contribué à cette hausse importante, notamment le manque de pluies qui accentue la sécheresse, l’hésitation de certains planteurs à relancer la culture vivrière et le jeûne de la communauté hindoue.

Ainsi, le prix des pommes d’amour varie actuellement entre Rs 25 et Rs 40, selon la qualité, tandis que les gros piments se vendent à Rs 80 le demi-kilo et que le lalo passe à Rs 100 le demi-kilo. Le président de l’association, Kripalloo Sunghoon, soutient que cette hausse est « inévitable ». Les conditions climatiques dominantes et le manque de pluie inquiètent la communauté des petits planteurs. « Nous sommes en saison estivale. La température est plus élevée. Ceci dit, la chaleur commence à affecter les cultures vivrières. De plus, le manque cruel de pluie dans le pays ne facilite pas les choses et provoque trop d’évaporation de l’eau des plantes. Parallèlement, l’Irrigation Authority a, depuis quelque temps, réduit la quantité d’eau offerte aux planteurs pour le besoin d’arrosage. Il faut donc s’attendre à une baisse de production des légumes à Maurice », explique Kripalloo Sunghoon. Autre facteur qui affecte la production : la prolifération des maladies et ravageurs des cultures vivrières et maraîchères.

Les planteurs sont incapables de lutter contre certaines maladies en raison de l’indisponibilité de pesticides effi caces et de conseils agronomiques opportuns. « Ces maladies causent d’importantes pertes de rendement sur les cultures vivrières et maraîchères. Les plantes sont menacées par des maladies causées par des micro-organismes, notamment des virus ou encore des bactéries. Quand le gouvernement a décidé d’abolir l’utilisation de certains pesticides et insecticides, il n’a pas proposé d’alternatives. Donc, il devient de plus en plus difficile de sauver les plantes. Les planteurs font face à une situation difficile », affi rme Kripalloo Sunghoon. La baisse de production vivrière s’explique aussi par le refus catégorique de certains petits planteurs de relancer la culture dans leurs champs. La superfi cie sous culture est légèrement inférieure à la moyenne. Selon le président de la Small Planters’ Association, nombreux sont les planteurs qui ont encouru d’importantes pertes depuis le début de l’année, notamment avec les grosses averses et le cyclone Berguita, qui ont affecté les cultures vivrières. « Pendant des mois, les champs étaient impraticables. Les planteurs ont encouru de grosses pertes.

De plus, certains n’ont pas les moyens financiers pour relancer la culture. D’autres craignent les effets du changement climatique. Donc, ils ont préféré ne pas prendre de risque. La plupart d’entre eux attendent de voir comment évolue le temps avant de prendre une décision. D’autres prévoient de relancer leur culture en novembre et en décembre », nous dit Kripalloo Sunghoon. Enfi n, ce dernier soutient que la communauté hindoue observe actuellement le jeûne. Ceci dit, il y a une importante demande en légumes sur le marché, ce qui provoque une hausse de prix. « Nous faisons actuellement face à une situation inquiétante avec la hausse des prix des légumes.

De plus, les prix ne seront pas revus à la baisse d’aussitôt. Nous prévoyons des prix forts pendant un bon bout de temps », fait-il ressortir.