“Les enfants sont comme des bateaux sans gouvernail sur l’océan, la moindre petite houle les fait dériver. Ils ont besoin de quelqu’un à qui se raccrocher, quelqu’un qui ne va pas tanguer.” [Céline Alvarez]

VEENA MATABUDUL-PULTON

La Journée mondiale de l’Enfance qui est observée le 20 novembre de chaque année, a vu le jour en 1954. Cette journée symbolique dédiée à nos enfants, nous rappelle que leurs droits doivent être protégés et leur avenir assuré. Chez nous, à l’île Maurice, le Bureau de l’Ombudsperson pour les enfants s’attelle à promouvoir les droits et les intérêts de tous les enfants en conformité avec la Convention internationale des Droits des Enfants (CIDE).
Qui dit droit dit aussi devoir des parents, des institutions scolaires de même que celui de l’État. Ils ont tous la tâche ardue de s’assurer que les enfants évoluent dans une cellule familiale sécurisante mais s’ils en sont privés, qu’ils puissent au moins grandir dans un encadrement propice à leur épanouissement.
Ces jours-ci, presque tous les regards sont tournés vers nos enfants. En effet, selon les médias, les résultats scolaires du National Assessment de Grade 9 dans de nombreux collèges régionaux sont une source d’inquiétude pour les dirigeants de l’Education Officers Union (EOU) et de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU). De même, la Government Teachers Union abonde dans le même sens en ce qui concerne le niveau de performance des élèves ayant pris part aux examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC). Dans certaines écoles ZEP (Zone d’Éducation prioritaire), la situation semble être préoccupante puisque le taux de réussite est sous la barre de 50%. Dans la même foulée, des pédagogues et des universitaires s’accordent à dire que le constat est amer en ce qui concerne la lecture chez nos enfants.
C’est dans cette optique que j’ai choisi de vous faire découvrir le livre de Céline Alvarez, Une année pour tout changer et permettre à l’enfant de se révéler. Dans la lutte contre l’échec scolaire, l’auteure nous livre une méthode pédagogique qui faciliterait la transmission du savoir aux enfants de deux à six ans, tout en leur insufflant l’envie d’apprendre. Tout changer en une année ! Est-ce possible ? Selon elle, oui, c’est réalisable, mais sous certaines conditions.
Céline Alvarez a mené une expérience pilote en France, dans une Zone d’Éducation prioritaire. Suite à son aventure, la ministre belge de l’Enseignement l’a invitée à partager son expertise auprès de 750 enseignants désireux de changer leurs pratiques pédagogiques, et ce pendant une année scolaire. Pari réussi ! L’écrivaine témoigne dans son livre comment des enfants jadis introvertis, indisciplinés et démotivés peuvent devenir confiants, autonomes et motivés.
Selon l’auteure, dès sa naissance, un enfant est « le dépositaire de tous les potentiels humains ». Comme tout enfant ayant droit à l’éducation, il est fondamental qu’il soit bien encadré, car s’il est livré à lui-même, il pourra ressentir la pression qui pèse sur ses frêles épaules. De deux à six ans, c’est l’âge où le monde de découvertes s’ouvre à lui. Mais il s’avère que parfois, les adultes, croyant bien faire, commettent des inepties dans la manière dont ils éduquent leur enfant. Par exemple, des remarques telles que « Il ne comprend pas. Il n’est pas sociable ou encore, il n’a pas confiance en lui » peuvent faire du tort à l’enfant et ce dernier, alors stigmatisé, ne fera plus d’efforts et se renfermera sur lui-même.
De même, il est certain que durant cette étape sensible de sa vie, si un enfant subit à outrance les effets toxiques de la technologie, cela aurait des incidences négatives sur son agissement et sur sa qualité de vie.
Céline Alvarez dévoile aussi pourquoi avant deux à six ans, l’acquisition des compétences exécutives est plus importante que celle des chiffres et des lettres. Selon elle, si l’enfant acquiert ces fonctions exécutives, il aura confiance en lui et deviendra autonome. De ce fait, se tromper ne lui fera pas peur et il aura le courage de persévérer.
Mais l’auteure maintient qu’il ne faut pas blâmer l’enfant qui est mal dans sa peau. Il est impératif de chercher les causes profondes de ce mal-être. Comme tout être vivant, un enfant a besoin d’un temps d’adaptation pour faire son apprentissage de la vie. Pour y parvenir, la bienveillance de l’adulte et, si besoin est, la fermeté et la rigueur devraient être appliquées. À l’école, un environnement spacieux, la communication interactive, l’entraide, la générosité et l’amitié entre les enfants sont essentiels. De même, des activités pour booster son intelligence et sa motivation et, bien sûr, le goût de la lecture sont des moteurs fondamentaux qui aideront à la fois l’enseignant et l’enfant à vaincre les difficultés et à atteindre leur but. « Ne dit-on pas que les élèves ayant surmonté les épreuves de l’école ont eu un enseignant qui a cru en eux ? »
Je vous laisse le soin de découvrir un ouvrage qui, en toute simplicité, vous explique comment éviter le burn-out quand vous, parents et enseignants, et eux, enfants, il vous arrive parfois d’être au bout du rouleau.
« Les parents donnent des racines et des ailes aux enfants. Des racines pour savoir d’où l’on vient, et des ailes pour s’envoler vers l’avenir. » (Nils Bard – Poète, Penseur et Philosophe)

Bonne lecture !