Le campus de la University of Mauritius (UoM) est encore sous le choc. À l’amorce du troisième jour de recherches, soit jeudi matin, les plongeurs du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM) ont repêché le corps de Deepesh Beeharee, 19 ans, dans le bassin de la cascade de Réduit. Deepesh, qui venait tout juste de commencer des cours en Computer Science à l’université, a fait une chute dans le cours d’eau alors qu’il s’y promenait mardi avec un groupe d’étudiants. L’autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer, a attribué son décès à l’asphyxie par la noyade. Depuis ce tragique décès, des étudiants de l’UoM tirent la sonnette d’alarme concernant les dangers qui les guettent autour du campus.
Week-End a recueilli plusieurs témoignages d’étudiants secoués par le drame. Tous sont unanimes à présenter leur sympathie à la famille endeuillée et surtout à parler des dangers qui existent autour de l’université. Ils sont tous d’avis que l’accent doit être mis sur ces dangers, afin que des drames tels que celui-ci soient évités à l’avenir. Le président de la Student Union de l’UoM, Harvind Jeeool, est le premier à monter au créneau. Il estime aussi que les étudiants de première année, à l’instar de Deepesh Beeharee, ont de longues pauses entre deux cours dans leur emploi du temps qu’ils meublent comme bon leur semble.
« Je présente tout d’abord mes sincères condoléances à la famille de Deepesh. C’est une grande tragédie qui s’est abattue sur cette famille. Il n’est pas évident pour ses parents de perdre un fils dans de telles circonstances. Nous n’osons même pas imaginer cette souffrance. Ceux qui étaient avec lui ont dû avoir recours aux services d’un psychologue. Nous les connaissons pour les avoir rencontrés lors des orientations days. Nous avions alors mis l’accent sur les dangers qui guettent les étudiants en dehors du campus. Il nous faut désormais accentuer sur ces points. Un informative committee sera institué sous peu pour les guider, puisque les étudiants de première année ont de longues pauses entre deux cours, à savoir de 9 h à 11h ou de 16h à 18 hr. Il faut qu’ils apprennent à utiliser ce temps libre à bon escient. Ils peuvent aller à la bibliothèque, au gymnase ou dans les différents clubs que l’UoM propose », fait ressortir Harvind Jeeool.
Madhavi Pem, une étudiante de troisième année en Food and Technology, abonde dans le même sens que Harvind Jeeool au sujet de l’importance de la conscientisation des étudiants. Elle reconnaît que la cascade de Réduit et ses alentours sont des lieux très prisés par les étudiants et ce, pour diverses raisons. « C’est un endroit très fréquenté. Certains y vont par curiosité, d’autres pour consommer de l’alcool et d’autres encore avec leur petit (e) ami (e) pour être à l’abri des regards indiscrets. Beaucoup d’étudiants empruntent aussi ce pont pour aller à la ferme de la Faculté d’Agriculture. C’est aussi un raccourci pour se rendre à Ébène », dit-elle.
Tout en reconnaissant elle-même y avoir déjà été, Madhavi ajoute qu’ »il y a un important travail de conscientisation à être entrepris par les autorités. » « Une solution éventuelle serait d’installer des mains courantes et des panneaux indicateurs. Il n’est mentionné nulle part que l’endroit est dangereux. Très peu savent que l’eau est profonde. » Madhavi espère que le drame agira de détonateur, que ce soit auprès des étudiants ou des autorités compétentes.