Les animateurs du Front commun des travailleurs sociaux invitent la société civile et les Mauriciens en général à descendre dans la rue dans l’après-midi du samedi 21 et dans la nuit de ce samedi au dimanche 22 janvier prochains, dans le cadre d’une manifestation baptisée « Occupy Place d’Armes ! », à l’instar de l’opération « Occupy Wall Street ! », un mouvement de contestation pacifique localisé au parc Zuccotti, à New York (États-Unis), dénonçant les abus du capitalisme financier. À Maurice les protestataires camperont devant la Government House pour dénoncer « la corruption, le trafic d’influence, les abus de pouvoir et les conflits d’intérêt ».
« Nous lançons un appel au peuple : que tous ceux qui disent “Non” aux gaspillages, à la corruption, au trafic d’influence, à la politique de petits copains, aux abus de pouvoir et aux conflits d’intérêt, nous soutiennent dans notre action », a lancé Salim Muthy, un des animateurs du Front commun des travailleurs sociaux (FCTS) à un point de presse aujourd’hui au Centre social Marie Reine de la Paix, Port-Louis. Il était entouré des dirigeants des organisations non gouvernementales faisant partie de ce front commun. « Que ceux qui aiment leur pays comprennent : c’est une action civique et pacifique visant à assainir notre société qui se dégrade de plus en plus ! » a-t-il soutenu.
Selon Salim Muthy, les manifestants se rencontreront d’abord au Centre social Marie Reine de la Paix à 14 h 30 avant de se diriger vers la Government House en empruntant l’itinéraire suivant : Rue Saint Georges, Barracks Street, Rue Edith Cavell, Rue John Kennedy et l’Avenue Bissoondoyal. « Vers 16 h 30 nous tiendrons un meeting devant la Government House – la Maison du peuple – où le public, qui sera avec nous, aura droit à la parole ! Nou pou less piblik exprim zot ! » a-t-il promis.
« Après le meeting, nous allons “occuper” la Place d’Armes, où nous allons passer toute la nuit du samedi 21 au dimanche 22 janvier jusqu’à 6 heures du matin », affirme l’animateur du FCTS.
Salim Muthy a expliqué que cette « occupation pacifique de la Place d’Armes » vise à « réveiller » les dirigeants du pays, dont le Premier ministre Navin Ramgoolam et les politiciens en général, quant à leurs responsabilités vis-à-vis de la population. « Au moment des élections, les politiciens n’hésitent pas à venir mendier nos votes jusqu’à devant notre porte. Mais une fois qu’ils sont élus, ils font la sourde oreille quand nous leur évoquons des problèmes ! » Il a expliqué que le Front a vainement jusqu’ici sollicité une rencontre avec le Premier ministre pour discuter des problèmes qui affectent la population, dont celui du manque d’eau. « Kominikasyon finn koup totalman ant gouvernman ek sosyete sivil. Sosyete sivil bizin aret atrap soulie politisien. Bizin mobilize, sorti lor lari, fer tann zot la vwa ! »
Dans ce contexte, Salim Muthy a mis en garde contre une explosion sociale. « Les signes de l’imminence d’une explosion sociale sont déjà là. Un simple accrochage entre deux automobilistes, comme à Terre-Rouge récemment, a donné lieu à presque une émeute ! Une distribution d’eau par un camion-citerne dans un quartier de Rose-Hill tourne en bagarre rangée… »
Pour Eddy Sadien, autre animateur du Front commun, « dans le cas du problème d’eau à Maurice, les gens doivent comprendre que ce n’est pas la rue la responsable, mais les politiciens. Gouverner c’est prévoir, mais pendant 40 ans, les gouvernements successifs n’ont rien fait pour régler notre problème d’eau, occupés qu’ils étaient à ne voir que leurs propres intérêts aux dépens de ceux de la population ! »
« Le peuple doit descendre dans la rue pour faire savoir qu’il a soif de justice », conclut pour sa part Salim Muthy.