PHOTO - Salvatore Pastore

Prière de garder son téléphone allumé et à portée de main. Thierry Collet, l’auteur et interprète de « Je clique donc je suis », pourrait bien introduire son spectacle en ces termes vendredi et samedi soir à l’Institut français de Maurice (IFM). Ce rendez-vous, placé autour de la magie et de l’internet, préfigure en fait une série d’activités regroupées sous le titre « Novembre numérique », où nous serons invités à nous approprier les nouvelles technologies, à mieux les connaître, à savoir nous en protéger quand c’est nécessaire et à en découvrir les ressources créatives.

Thierry Collet fait partie des artistes de la magie nouvelle, ce courant de la grande famille du cirque qui va bien au-delà du simple show de magie et où il est de bon ton de s’émerveiller béatement de l’habileté énigmatique de l’illusionniste. Ce magicien formé par des maîtres du genre est aussi passé par les études de psychologie, ce qui lui permet au passage de se présenter aussi comme mentaliste, et par le théâtre dans un conservatoire d’arts dramatiques. Il fait partie de ces prestidigitateurs qui ajoutent du sens à la magie et s’en servent pour nous aider à nous interroger sur le réel, sur notre monde, et nous dans tout ça.Ainsi, il s’attache à « renouveler les codes, l’esthétique et la dramaturgie de la magie pour en faire un art en prise avec les problématiques humaines, sociales et politiques de notre époque : une magie contemporaine ».

Avec « Je clique donc je suis », qu’il présente à l’IFM vendredi et samedi soir, il aborde le sujet crucial et si omniprésent dans nos vies, des techniques de captation et d’utilisation de nos données personnelles. Une fois n’est pas coutume, ici, le spectateur doit garder son téléphone allumé, car il entre dans ce spectacle de magie et de science-fiction, comme dans une sorte de café Google, pour vivre une expérience qui se sert de l’illusion et du mentalisme pour mieux parler de la réalité du monde connecté dans lequel nous vivons.

Le public n’est pas accueilli ici pour admirer les dernières trouvailles et des nouveaux services des moteurs de recherche, applications et autres réseaux sociaux, mais plutôt pour réaliser jusqu’à quel point l’internet peut s’immiscer dans son intimité et remettre la notion même de vie privée en question… Ici, la magie devient un outil qui bouscule les certitudes et qui inocule des anticorps contre la crédulité. Résolument interactif, ce spectacle pourra concerner chacun au plus près puisque la jauge est limitée à 80 personnes par soirée…

Ce spectacle de Thierry Collet arrive en fait en préambule au « Novembre numérique » que l’IFM propose pour la première fois à Maurice. Dès le 5 novembre, l’exposition « Machines à lire » prend place à la médiathèque pour faire découvrir les nouvelles expériences de lecture que permettent les technologies interactives et le Web.

Les visiteurs pourront découvrir jusqu’au 30 novembre différentes formes électroniques de lecture qui existent aujourd’hui, romans graphiques sur Instagram, bandes défilées, installations artistiques et contes interactifs. Des ateliers et des animations dans le même domaine, dont le programme est disponible sur le site internet et sur place, sont également prévus tout au long du mois pour les jeunes à partir de 7 ans. Des ateliers de conception de jeux vidéos sont également prévus dans ce contexte sur deux samedis.

Le spécialiste du numérique, de l’intelligence artificielle et des questions éthiques que cela soulève Jean-Gabriel Ganascia donnera deux conférences publiques, dont une destinée aux scolaires les 20 et 22 novembre.

Et enfin, un spectacle d’un nouveau genre, pluridisciplinaire, qui met en jeu des journalistes de Radio France, des jeunes de France, d’Inde, de Maurice et de Sarajevo, des archives et de la musique sera présenté à l’IFM le 23 novembre.

Nous reviendrons bien sûr toutes ces différentes activités et sur Radio Live, cette émission de radio pas comme les autres qui s’écoute et se regarde…